070707
Mise à jour de la radioblog (I)
Plutôt que de signaler juste des chansons à écouter, traitant du thème du suicide, je m'efforce de mettre celles que je ne trouve pas trop mal - textuellement et musicalement - en écoute sur la radio inscrustée en haut à droite du blog. Si vous en avez à me proposer, n'hésitez pas (je récupérerai les titres sur internet).
Voici où trouver les textes et, quand c'est possible, les traductions :
> La Teigne de Renaud.
> Emma de The Sisters Of Mercy (traduction).
> Suicide Solution de Ozzy Osbourne (traduction).
> Coma Black de Marilyn Manson (traduction).
> Viviane Vog de Taxi Girl.
060707
Méthode de recensement des "tentatives de suicide"
Dans les précédents textes, j'ai souligné comment et par qui étaient recensées les données concernant les décès par suicide. La dernière donnée à analyser, pour ce qui à trait aux statistiques, est donc celle portant sur les "tentatives de suicide".
Il existe bien sûr de nombreuses enquêtes réalisées de manière ponctuelle par différents organismes et faisant appel à l'extrapolation statistique. Mais pour en montrer les forces et les faiblesses il faudrait les critiquer au cas par cas : il est ainsi préférable de voir s'il n'existe pas un ou des organismes dont le but est de recueillir en continu ces données sur les "tentatives de suicide" - qui a-priori ont le plus de chance d'être représentatives de la réalité. Or il semble qu'il en existe deux :
- Le Réseau Sentinelle (Sentiweb). Ce réseau est constitué par des Médecins Généralistes Libéraux (1260 à ce jour répartis "représentativement" sur toute la France) et fonctionne sur la base du volontariat ainsi que du bénévolat : les médecins recensent les cas qui se présentent à eux pour constituer une base de donnée. Bien que le réseau, en lien avec l'INSERM, ait été mis en place depuis 1984, les "tentatives de suicide" n'y sont recensées que depuis 1999 - il faut aussi souligner qu'elles sont extrapolées pour la France entière sur la base des informations recueillies.
- Le Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information (PMSI - le site étant en cours de construction, on se reportera à celui de l'Agence Technique de l'Information sur l'Hospitalisation pour plus de renseignements : ATIH). Ce programme, n'étant pas encore opérationnel (voir Wikipédia), a pour but de regrouper et standardiser au niveau national les données médicales dans différents domaines (hospitalisation à domicile, psychiatrie, urgences, chirurgie, etc.). Ses statistiques sont présentées sur le site de l'ATIH et concernent quatre domaines (MCO, SSR, PSY, HAD - se reporter au glossaire pour plus d'informations). Les "tentatives de suicide" ne semblent être recensées que par les PSY (depuis 2003 et à titre d'expérimentation) et sont codées SC024. Selon un rapport de la DRESS, 184 établissements MCO auraient codé les "Tentatives de suicide" (en .pdf - encadré page 6) mais je ne suis pas arrivé à retrouver ces statistiques ni leur code sur le site de l'ATIH, ce rapport ne donnant pas plus de précision.
Les organismes recensant, en France, les "tentatives de suicide" ne sont donc, pour le moment, que relativement récents ou peu fiables.
030707
Méthode de recensement des décès par suicide (II)
Dans le texte précédent concernant la méthode de recensement des décès par suicide, j'avais souligné comment et par qui elle était établie. Il s'agit maintenant d'en examiner les limites connues.
La base de donnée SCORE-santé, administrée par la Fédération Nationale des Observatoires Régionaux de la Santé (FNORS), précise, lorsque l'on consulte l'indicateur lié aux décès par suicide (classé dans la catégorie "Comportements et environnements"), qu'il existe deux limites à un tel recensement : d'abord, le même chapitre XX de la CIM classifiant les décès par "suicide" (X60 à X84) comprend aussi un paragraphe intitulé "Evènements dont l'intention n'est pas déterminée" (Y10 à Y34) ; ensuite, lors de la rédaction du certificat de décès par un médecin, celui-ci peut désigner le décès comme étant une "mort suspecte" et le dossier est alors transmis à l'institut médico-légal qui se chargera de trouver les véritables causes de la mort - seulement cet institut ne transmet pas systématiquement ses résultats au CépiDc qui, étant tout de même informé du décès, classe alors ce dernier dans le chapitre XVIII de la CIM (intitulé "Symptômes, signes et résultats anormaux d'examens cliniques et de laboratoire, non classés ailleurs") au paragraphe "Causes de mortalité mal définies et inconnues" (R95 à R99).
Si la base de donnée SCORE-santé dit que l'institut médico-légal ne transmet jamais ses résultats au CépiDc, le CépiDc, lui, ne fait pas mention d'un tel fonctionnement lorsqu'il explique la méthode de recensement des décès (dans un document .pdf). Un rapport de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (DRESS) rédigé par des membres du CépiDc se montre plus nuancé et déclare que ce retour n'est pas "systématique" (document .pdf, pages 5 à 6). Ainsi, il semblerait plutôt que l'institut médico-légal soit assez libre de faire ou ne pas faire ces déclarations : le fonctionnement n'est pas uniforme.
De cela, il résulte alors qu'un décès par suicide puisse se retrouver dans deux autres catégories que celle qui lui est normalement attribuée, et cela pour deux raisons : le médecin a des doutes concernant l'intention d'en finir du décédé ou bien l'institut médico-légal (dont on notera que le médecin peut aussi avoir des doutes quant à l'intention du décédé) n'a pas transmis les causes du décès au CépiDc.