220907
Durkheim - Le suicide
De retour de vacances. Un commentaire dénué d'intérêt et de la publicité sur Canalblog en plus. Reprenons.

Vous trouverez mes "notes" ici : http://johannfr.free.fr/J/viewtopic.php?t=450 - et pourrez télécharger l'oeuvre de Durkheim ici : http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/suicide/suicide.html
Que dire de ce classique des sciences sociales... Il y a assurément des réflexions et des analyses très intéressantes. Mais... assez peu à propos du suicide proprement dit, elles concernent plutôt la manière dont fonctionne et se structure une société, le suicide étant utilisé ici pour en vérifier l'état de santé et y remédier.
Les analyses de Durkheim, si elles ont le mérite de briser les présupposés de son époque (Sarkozy devrait le lire), ne vont pas très loin lorsque l'on considère le suicide comme objet d'interrogation. Mis à part dans le cas du suicide anomique (le suicide fataliste n'étant absolument pas explicité mais seulement posé comme une remarque précisant qu'il est l'inverse de l'anomique), les notions de suicide altruiste (la société est trop présente à l'individu) et égoïste (la société n'est pas assez présente à l'individu) ne sont pas très approfondies.
Le suicide reste pour Durkheim le fait d'un homme qui préfère la mort à la vie, et ce parce qu'il n'est pas correctement socialisé. Ajoutons que si Durkheim donne une définition du suicide au début de son oeuvre, il utilise les statistiques telles quelles : il aurait fallu ou bien opérer des statistiques selon sa propre définition du suicide, ou bien rechercher ce qu'était la définition du suicide qu'impliquaient les statistiques (qui est probablement celle que Durkheim développe malgré lui, la transposant à la morale).
Bon en fait, je n'ai pas l'impression d'y avoir appris grand'chose sur le suicide et de plus, la manière dont Durkheim présente ou explicite ses statistiques ne me convainct pas, idem lorsqu'il se réfugit derrière une pseudo-loi historique (le "culte de l'homme" - pages 382 à 384) montrant que les suicides sont moralement de moins en moins acceptés et que donc, il faut moralement de moins en moins les accepter puisque c'est la marche de l'histoire (les préjugés ont la vie dure).