CORPUS SUICIDE

Corpus Suicide a pour but de chercher à dédiaboliser (ou dédiviniser) la réflexion sur le "suicide" en offrant ou en indiquant l'accès à des ressources permettant de mieux l'appréhender sans a-priori moral.

151107

Wallis - La mort de Chatterton


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Posté par Erwann Bleu à 15:33 - A voir, à lire, à écouter... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


051107

Zupancic - L'antinomie du vice et du suicide

Article toujours tiré du livre Clinique du suicide, et les notes sont ici :
http://johannfr.free.fr/J/viewtopic.php?t=454

Zupancic offre plutôt une réflexion sur la place de la jouissance (encore en se basant sur Lacan) dans l'oeuvre de Kant, celle-ci révèlant une antinomie chez ce dernier, au lieu d'une réflexion sur le suicide proprement dit - en effet, le suicide n'est pas interrogé, il est d'emblée définit comme une chose qui se tue elle-même et sert de modèle à la réflexion de l'auteur.
Le suicide serait, au final, la "résolution" de "l'oscillation entre « jouir (encore) plus » et « ne plus jouir (du tout) »", deux tendances contradictoires de l'homme, en tant qu'il réaliserait les deux à la fois.

Pour l'auteur, le passage au sujet moderne, à la modernité, provient d'un suicide symbolique, que Kant relève : lors de l'exécution de Louis XVI, la loi se tue elle-même, car l'exécution du roi n'est plus un simple meurtre mais symbolise le suicide du peuple en tant que ce dernier tue alors le fondement de la loi, mais c'est-à-dire aussi de ce qui lui assurait, légalement, une existence (de ce qui le fondait). Ce qui explique la recrudescence, durant les Lumières, de la "
véritable montée de toutes sortes de fantômes et de morts vivants dans l'imaginaire populaire" - cela provenant de la conception chrétienne faisant du suicidé un "spectre" qui, puisque damné, ne mourrait pas vraiment (son corps - fini - tombait dans un lieu - infini - qui n'était pas à sa mesure).

Sauf que l'auteur se trompe en pointant du doigt le christianisme. Selon Alvarez, "
Dans les sociétés primitives, le mécanisme de la vengeance est simple : ou le fantôme du suicidé détruira lui-même son persécuteur, ou son acte forcera sa famille à accomplir la besogne, ou les lois implacables de la tribu obligeront l’ennemi du suicidé à se supprimer de la même manière. Cela dépend des coutumes du pays. En tout cas, le suicide dans ces conditions est curieusement irréel ; c’est comme s’il était commis avec une certaine croyance que le suicidé lui-même ne mourrait pas véritablement. Il accomplit, au contraire, un acte magique qui déclenchera un rite, complexe mais également magique, qui finira par la mort de son ennemi."

Posté par Erwann Bleu à 11:21 - Suicide et philosophie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

041107

Zizek - Le suicide et ses vicissitudes


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Ce texte fait partie de l'ouvrage Clinique du suicide, et mes notes sont ici :
http://johannfr.free.fr/J/viewtopic.php?t=453

Le style d'écriture de Zizek est assez particulier, aussi je n'irais pas prétendre que j'ai tout compris - d'autant que ça semble infaisable si l'on est pas familier avec la pensée de Lacan (ce qui est mon cas).

Il y a trois types de suicide pour Zizek : celui pris dans l'imaginaire, celui pris dans le réel, et celui pris dans le symbolique.
- Le premier concerne un message adressé à "l'Autre" où le suicidé s'imagine ce qui va suivre sa mort (du ressort de la mise en scène).
- Le second "réalise précisément l'identification directe du sujet à l'objet" (en gros il n'y a de sujet que lorsqu'il y a un objet qui l'empêche de se réaliser, quelque chose où le sujet ne peut se reconnaître) ce qui est le contraire de la "pulsion de mort" (car la pulsion de mort créé le vide dans cadre du sujet où viennent se poser les objets alors que là c'est ce cadre qui est détruit, ne restent que les objets qui acquièrent une "consistance ontologique" - ben oui)
- Le troisième "
où les liens qui ancrent le sujet dans le symbolique sont coupés. Le sujet se retrouve donc totalement privé de son identité symbolique", mettant en évidence cette fois la "pulsion de mort", ce qui fait que cette fois "rien n'a lieu que le lieu" (référence à un paragraphe où Zizek développe l'idée que l'art contemporain ne se résume plus qu'à la sauvegarde du lieu artistique, ce qui implique l'idée que ce lieu n'existe jamais comme tel au présent mais qu'il est créé par l'exposition d'un objet).

Bon. D'après ce que j'ai compris, le suicidaire symbolique est l'exact opposé de l'art contemporain : conséquences, implications ? ; le suicidaire réel donne une consistance positive et ontologique à l'objet dans lequel il est tombé en tant que sujet : pourquoi, mécanisme, but ? ; enfin, le suicidaire imaginaire prend son pied en imaginant ce qui suivra sa mort : et donc ? (de plus rien n'empêche qu'un suicide "imaginaire" soit également un suicide "réel", les limites entre les deux sont trop floues pour être légitimes).

Posté par Erwann Bleu à 13:40 - Suicide et philosophie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

011107

Alvarez - Le dieu sauvage, Essai sur le suicide


030657

Vous trouverez mes notes (en français) ici :
http://johannfr.free.fr/J/viewtopic.php?t=452

Un bon livre sur l'histoire du suicide et le suicide, avec des réflexions intéressantes de l'auteur, qui manquent pourtant d'un peu d'éclat dans leur tournure (question de traduction peut-être). Le suicide est abordé par le biais de l'art, censé être plus apte à retraduire les "motifs" du "suicidé" puisque l'artiste est un être plus attentif à lui-même que le reste des gens.
Je reste un peu sur ma faim, sans doute parce que je préfère les choses plus "philosophiques", mais Alvarez proprose diverses interprétations (assez psychologiques) de l'acte et réussit à éviter le risque consistant à retomber dans une sorte de morale stoïcienne promouvant "l'auto-euthanasie".

Posté par Erwann Bleu à 19:42 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Extrait du Cercle du suicide, de Furuya



10282019


"Les voix [...] peuvent être les voix intérieures de ces parties d'elle-même qui l'aimaient et la soutenaient. Mais elles avaient été coupées, étaient maintenant devenues lointaines et désormais inaudibles."

(Alvarez, Le dieu sauvage, essai sur le suicide)

Posté par Erwann Bleu à 18:06 - A voir, à lire, à écouter... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Guirlinger - Le suicide et la mort libre


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Bien. De nouveau un "philosophe" contemporain. Bon. De nouveau des pirouettes philosophiques, des préjugés communs transférés dans un autre registre de langage, quelques semblant de mise en question qui n'aboutiront, comme d'habitude, qu'à la considération du suicide comme un acte de lâcheté ou d'aliénation puisque la "seule chose qui dépende de nous, c'est la valeur que nous attachons aux choses" et que si "l'homme [comprendre : l'individu] éprouve jusqu'au dégoût de vivre le sentiment de l'absurdité de son tête-à-tête avec le monde – comme le pense Camus –, avec l'indifférence et le silence des espaces éternels, cela peut l'inciter à quitter la vie mais cela peut aussi lui faire prendre conscience que c'est de lui et de lui seul que dépend la qualité de la vie, et que c'est de lui que dépend le triomphe du sens sur le non-sens originaire." (comme c'est commode) - on n'est pas obligé de faire l'apologie du suicide, bien sûr, mais on peut au moins essayer de s'extirper de la morale.
Evidemment, quand les seuls exemples "d'actes désintéressés", de "risque[s] que je prends d'agir quitte à en mourir parce que je crois que le jeu en vaut chandelle" que l'on réussit à citer sont... "le sacrifice [...], gravir un pic, sauter à l'élastique dans le vide [vive Fort Boyard] etc." et que l'on conclut de cela que "l'homme est l'être pour qui la vie n'est pas nécessairement le bien suprême", on retourne discutailler de tout ça avec bobonne et les enfants dans la moîteur du foyer conjugal.

Ma prise de note ici : http://johannfr.free.fr/J/viewtopic.php?t=451

Posté par Erwann Bleu à 16:16 - Suicide et philosophie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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