<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>CORPUS SUICIDE</title><link>http://corpussuicide.canalblog.com/</link><description>Corpus Suicide a pour but de chercher &#xe0; d&#xe9;diaboliser (ou d&#xe9;diviniser) la r&#xe9;flexion sur le &quot;suicide&quot; en offrant ou en indiquant l&apos;acc&#xe8;s &#xe0; des ressources permettant de mieux l&apos;appr&#xe9;hender sans a-priori moral.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 13 Nov 2009 01:49:00 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Petit retour sur la probl&#xe9;matique du &quot;suicide&quot;</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/11/03/11215980.html</link><category>Critique(s)</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/11/03/11215980.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11215980/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/11/03/11215980.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si l&apos;on prend en consid&#xe9;ration le ph&#xe9;nom&#xe8;ne du &amp;quot;suicide cellulaire&amp;quot; (dont parle Ameisen) et le fait que chaque cellule porte en elle-m&#xea;me les moyens de son &amp;quot;suicide&amp;quot; ; ou plus exactement le fait que chaque cellule, pour &#xea;tre maintenue dans son existence, se voit neutraliser les moyens qu&apos;elle a de se &amp;quot;suicider&amp;quot;, alors dans ce cas la &amp;quot;vie&amp;quot; n&apos;est qu&apos;une r&#xe9;sistance au &amp;quot;suicide&amp;quot; &#xe0; laquelle tout &#xea;tre est port&#xe9; (c&apos;est &#xe9;galement l&apos;id&#xe9;e de Crevel ou de Cortinovis).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout &#xea;tre ne tend alors pas &#xe0; pers&#xe9;v&#xe9;rer dans sa nature, mais tout &#xea;tre tend au contraire &#xe0; r&#xe9;sister &#xe0; sa nature. Ou plus pr&#xe9;cis&#xe9;ment, tout &#xea;tre est emp&#xea;ch&#xe9; de co&#xef;ncider avec sa nature et de la r&#xe9;aliser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ? Comment ? Par quels moyens ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;-----&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Secondement, s&apos;il s&apos;agit d&apos;&#xea;tre contraint &#xe0; ne pas r&#xe9;aliser sa nature, on peut se demander de quelle nature il est question. De la &amp;quot;mort&amp;quot;. Mais de la &amp;quot;mort&amp;quot;, nous n&apos;avons aucune connaissance, aucun savoir positif et donc aucune d&#xe9;finition (Delfour, Epicure...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle repose donc plut&#xf4;t sur une croyance, croyance &#xe0; laquelle il est cependant difficile d&apos;adh&#xe9;rer pleinement (Lacan, Freud... - pourtant seul le &amp;quot;suicide&amp;quot; semble constituer la &amp;quot;mort&amp;quot; en une croyance plus forte, voir en une v&#xe9;rit&#xe9; ; et encore, on peut douter que cela soit identique dans toutes les cultures). En tous les cas, il n&apos;y a pas une croyance &#xe0; la &amp;quot;mort&amp;quot;, mais des croyances sur la &amp;quot;mort&amp;quot; - entre lesquelles il est difficile de discriminer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce flou sur ce que l&apos;on consid&#xe8;re comme l&apos;objet du &amp;quot;suicide&amp;quot; (vouloir la &amp;quot;mort&amp;quot;) est l&apos;ouverture dans laquelle s&apos;engouffre tout discours. Discours conduisant &#xe0; l&apos;opposer &#xe0; la &amp;quot;vie&amp;quot; (et devenant ainsi discours sur la &amp;quot;vie&amp;quot;, sur sa valeur).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute serait-il plus fructueux de se demander si le &amp;quot;suicide&amp;quot; ne remet pas en cause l&apos;antinomie (r&#xe9;elle ou non) vie/mort. Et par quoi serait-il possible de la remplacer pour appr&#xe9;hender un tel acte ? (en supposant que cela soit possible).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 03 Nov 2008 13:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>M&#xe9;moire de philosophie sur le suicide</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/06/23/9677126.html</link><category>A voir, &#xe0; lire, &#xe0; &#xe9;couter...</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/06/23/9677126.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9677126/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/06/23/9677126.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voici donc mon &lt;a href=&quot;http://johannfr.free.fr/Suicide.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;m&#xe9;moire de philosophie sur le &amp;quot;suicide&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (remarque importante : la bibliographie n&apos;est pas artificiellement gonfl&#xe9;e).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mettons tout de suite les choses au point : malgr&#xe9; la note que j&apos;ai obtenue (16 sur 20), le m&#xe9;moire est, philosophiquement, tr&#xe8;s/trop peu int&#xe9;ressant et tr&#xe8;s/trop peu pouss&#xe9; ; pour la bonne et simple raison que je n&apos;ai pas assez travaill&#xe9; ni n&apos;&#xe9;tais assez concentr&#xe9; - alors pourquoi le mettre ? D&apos;une part parce qu&apos;il est au fondement de ce blog, d&apos;autre part parce qu&apos;il peut permettre, malgr&#xe9; tout, de donner quelques id&#xe9;es et d&apos;indiquer quelques r&#xe9;f&#xe9;rences inhabituelles, aussi parce qu&apos;il est possible que je continue &#xe0; travailler sur le &amp;quot;suicide&amp;quot; en doctorat (afin de pallier, &#xe9;go&#xef;stement et orgueilleusement, &#xe0; la faiblesse de ce m&#xe9;moire) et, enfin, parce que c&apos;est un sujet original en philosophie (tout &#xe7;a n&apos;en r&#xe9;haussera pas la qualit&#xe9;, mais enfin).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 23 Jun 2008 11:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>Yvan Amar - R&#xe9;flexion sur la contruction de l&apos;expression &quot;se suicider&quot;</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/31/8551259.html</link><category>Critique(s)</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/31/8551259.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8551259/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/31/8551259.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les trois pendus de Guantanamo mettent mal &#xe0; l’aise beaucoup de
monde, et relancent la pol&#xe9;mique sur cette prison am&#xe9;ricaine qui n’est
m&#xea;me pas situ&#xe9;e en Am&#xe9;rique. Les trois d&#xe9;tenus se sont suicid&#xe9;s, nous
apprend-on. Et l&#xe0;-dessus, les commentaires abondent : est-ce un acte de
d&#xe9;sespoir ? Un acte de guerre ? Se sont-ils vraiment suicid&#xe9;s,
d’ailleurs ? Ou sont-ils morts autrement ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;On entend dire &#xab; Se sont-ils vraiment suicid&#xe9;s ? Ou les a-t-on
suicid&#xe9;s ? &#xbb; Cette derni&#xe8;re formule, m&#xea;me si elle recourt &#xe0; un jeu de
mots macabre (et tout jeu de mots n’est pas dr&#xf4;le : jeu de mots et
humour ne sont pas syst&#xe9;matiquement li&#xe9;s), cette derni&#xe8;re formule donc,
est assez instructive avec son c&#xf4;t&#xe9; paradoxal. On se demande si les
d&#xe9;tenus se sont vraiment suicid&#xe9;s, ou s’ils ont &#xe9;t&#xe9; abattus.&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Mais l’affaire est encore plus subtile : &#xab; on les a suicid&#xe9;s &#xbb; peut
sugg&#xe9;rer qu’on les a contraints au suicide, on a d&#xe9;cid&#xe9; qu’ils se
suicideraient et ils ont &#xe9;t&#xe9; forc&#xe9;s de le faire, ou encore, qu’ils ont
carr&#xe9;ment &#xe9;t&#xe9; tu&#xe9;s et que les meurtres ont &#xe9;t&#xe9; ensuite maquill&#xe9;s en
suicide, mis en sc&#xe8;ne pour faire croire &#xe0; un suicide. Soyons clair : je
n’ai aucune opinion personnelle sur l’affaire. Mais le cas s’est d&#xe9;j&#xe0;
vu, et cette m&#xea;me phrase &#xab; on l’a suicid&#xe9; &#xbb; s’est d&#xe9;j&#xe0; entendue.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il est int&#xe9;ressant de revenir sur la formation de ce mot &#xab; suicide
&#xbb;. Il est form&#xe9; sur des racines latines, mais ne vient pas directement
du latin. Il a &#xe9;t&#xe9; fa&#xe7;onn&#xe9; au XVIIIe si&#xe8;cle en fran&#xe7;ais sur le mod&#xe8;le
du mot &#xab; homicide &#xbb;. Un homicide, c’est le fait de tuer (racine –cide)
un homme (racine homo-). Un suicide, c’est le fait de tuer soi-m&#xea;me :
&#xab; sui &#xbb; est un pronom personnel &#xe0; la forme dite &#xab; g&#xe9;nitif &#xbb; qui
signifie soi.&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;On pourrait donc imaginer d’utiliser le verbe de fa&#xe7;on simplement
intransitive : on dirait &#xab; il a suicid&#xe9; &#xbb;, pour dire &#xab; il a tu&#xe9;
lui-m&#xea;me, il s’est tu&#xe9; &#xbb;. Mais justement, on va construire la phrase
sur le mod&#xe8;le &#xab; il s’est tu&#xe9; &#xbb;. Et on va dire : il s’est suicid&#xe9;. Ce
qui est dire deux fois la m&#xea;me chose : il s’est suicid&#xe9;, litt&#xe9;ralement
veut dire &#xab; il s’est tu&#xe9;, lui-m&#xea;me &#xbb;. Et on insiste, tant l’action
profond&#xe9;ment r&#xe9;flexive du suicide reste hors norme : on l’exprime donc
deux fois.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le mot, on l’a vu, est donc relativement r&#xe9;cent. Deux si&#xe8;cles et
demi, c’est encore jeune. Il n’emp&#xea;che qu’il a souvent des usages
d&#xe9;riv&#xe9;s, figur&#xe9;s, ou simplement, qui font intervenir des notions de
grande imprudence ou d’inconscience. Si l’on dit &#xe0; un marin : &#xab; c’est
du suicide de sortir par ce temps &#xbb;, on veut simplement dire que la mer
est si dangereuse qu’on se met en danger mortel en voulant naviguer.&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;On parle souvent aussi de comportement suicidaire, lorsque quelqu’un
se met en danger. Ce n’est pas vraiment qu’il veuille se tuer, mais il
y a comme un d&#xe9;sir inconscient qui se fait jour quand on ne prend pas
les pr&#xe9;cautions &#xe9;l&#xe9;mentaires. Quand on se met dans une situation
incroyablement risqu&#xe9;e, on conduit trop vite, on ne m&#xe9;nage pas sa
sant&#xe9;… on est suicidaire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;On parle aussi parfois de suicide
politique ou professionnel. Et l&#xe0; aussi de fa&#xe7;on figur&#xe9;e. Telle
d&#xe9;claration, telle position, c’est du suicide politique. Ce qui revient
&#xe0; dire que la d&#xe9;claration en question ruinera la carri&#xe8;re de celui qui
l’a faite.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(source : &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/lffr/articles/078/article_866.asp&quot;&gt;&lt;strong&gt;http://www.rfi.fr/lffr/articles/078/article_866.asp&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 31 Mar 2008 13:41:00 GMT</pubDate></item><item><title>Mise &#xe0; jour de la Radioblog (II)</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/28/8508465.html</link><category>A voir, &#xe0; lire, &#xe0; &#xe9;couter...</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/28/8508465.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8508465/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/28/8508465.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quelques nouvelles chansons sont charg&#xe9;es dans la radio (du moins celles que je peux trouver) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.justsomelyrics.com/1305455/Les-Elles-Alors-Lyrics&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;Alors&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de Les Elles.&lt;br /&gt;&amp;gt; &lt;a href=&quot;http://www.leonardcohen.com/music.cgi?album_id=20&amp;amp;song_id=3&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dress Rehearsal Drag&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de Leonard Cohen (&lt;a href=&quot;http://www.leonardcohensite.com/songs/dress.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;traduction&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&amp;gt; &lt;a href=&quot;http://www.actionext.com/names_t/tetes_raides_les_lyrics/fragile.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Fragile&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; des T&#xea;tes Raides.&lt;br /&gt;&amp;gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.nirvanaclub.com/get.php?sc=3&amp;amp;section=lyrics&amp;amp;file=wtlo.htm#305&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;I Hate Myself And I Want To Die&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;de Nirvana (&lt;strong&gt;traduction&lt;/strong&gt;).&lt;br /&gt;&amp;gt; &lt;a href=&quot;http://www.lyricsfreak.com/s/simon+and+garfunkel/a+most+peculiar+man_20124714.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;A Most Peculiar Man&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de Simon &amp;amp; Garfunkel (&lt;a href=&quot;http://www.lacoccinelle.net/traduction-chanson-3273-.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;traduction&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous avez d&apos;autres titres &#xe0; me communiquer, je suis toujours preneur.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 28 Mar 2008 08:37:41 GMT</pubDate></item><item><title>La conf&#xe9;rence de Ameisen, pour l&apos;EHESS</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/22/8423983.html</link><category>A voir, &#xe0; lire, &#xe0; &#xe9;couter...</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/22/8423983.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8423983/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/22/8423983.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une conf&#xe9;rence, faite par un m&#xe9;decin et chercheur dans le cadre des conf&#xe9;rences Marc Bloch, sur le th&#xe8;me du &amp;quot;suicide cellulaire&amp;quot; - tr&#xe8;s int&#xe9;ressante, particuli&#xe8;rement sur les conclusions que tire l&apos;auteur, qui appelle au final &#xe0; d&#xe9;laisser les notions de &amp;quot;but&amp;quot;, &amp;quot;d&apos;int&#xe9;r&#xea;t&amp;quot; et de &amp;quot;besoin&amp;quot; pour faire une place &#xe0; la mort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://cmb.ehess.fr/document233.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://cmb.ehess.fr/document233.html&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (vid&#xe9;o et texte)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 22 Mar 2008 18:41:00 GMT</pubDate></item><item><title>Quelques pistes sur le &quot;suicide&quot;</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/15/8330874.html</link><category>Critique(s)</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/15/8330874.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8330874/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/15/8330874.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; On
aimerait &#xea;tre certain que dans l&apos;Eden gauchiste, sans plus
d&apos;injustice ni de mis&#xe8;re, l&apos;heure et le moyen de la mort
seront laiss&#xe9;s &#xe0; l&apos;appr&#xe9;ciation de chacun. Il
est permis d&apos;en douter, l&apos;explication universelle du suicide r&#xe9;sidant
pour le gauchiste dans une &#xab; mauvaise &#xbb;
soci&#xe9;t&#xe9;. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;#sdfootnote1sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Bien
que le ton soit volontairement pol&#xe9;mique et la phras&#xe9;ologie
dat&#xe9;e, Claude Guillon et Yves Le Bonniec rendent au
&#xab; suicide &#xbb;, dans ces quelques lignes, un
caract&#xe8;re pl&#xe9;nier qui lui est souvent refus&#xe9;,
refus&#xe9; notamment par la pr&#xe9;sence implicite d&apos;un
sous-entendu moral le rel&#xe9;guant, sans plus de r&#xe9;flexion,
dans les bras rassurants d&apos;une contingence inutile et, surtout,
absurde – non pas, &#xe9;videmment, dans le sens philosophique,
mais dans celui du sens commun exprimant le ridicule ou le
d&#xe9;raisonnable. En effet, si les deux auteurs de &lt;em&gt;Suicide,
mode d&apos;emploi. Histoire, technique, actualit&#xe9;&lt;/em&gt; d&#xe9;noncent
ici un discours qu&apos;ils qualifient de &#xab; gauchiste &#xbb;
– consistant &#xe0; opposer un &#xab; individu sain &#xbb;
avec une &#xab; soci&#xe9;t&#xe9; &#xbb; jug&#xe9;e
insupportable et qui rongera petit &#xe0; petit ce m&#xea;me
&#xab; individu &#xbb; jusqu&apos;au &#xab; suicide &#xbb;
–, ils n&apos;oublient pas de d&#xe9;noncer &#xe9;galement un autre
type de discours, devenu aujourd&apos;hui dominant&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote2anc&quot; href=&quot;#sdfootnote2sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
consistant, lui, &#xe0; nier la r&#xe9;alit&#xe9; d&apos;une
&#xab; soci&#xe9;t&#xe9; &#xbb; afin de rendre
&#xab; l&apos;individu &#xbb; responsable de ou sujet &#xe0;
certains maux pouvant &#xea;tre soign&#xe9;s (principalement via
un d&#xe9;tour par la psychanalyse ou la psychologie)&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote3anc&quot; href=&quot;#sdfootnote3sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
N&#xe9;anmoins, malgr&#xe9; les diff&#xe9;rences apparentes de
ces discours, aucun des deux n&apos;acc&#xe8;de &#xe0;, ni ne permet,
une compr&#xe9;hension du &#xab; suicide &#xbb; ou,
plus exactement, un horizon permettant d&apos;en saisir une probl&#xe9;matique
plus large que celle le r&#xe9;duisant &#xe0; un &#xe9;tat
devant &#xea;tre ou &#xe9;cart&#xe9;, ou soign&#xe9;, etc. Il
importe donc avant tout de souligner, comme le font Guillon et Le
Bonniec, que le &#xab; suicide &#xbb; peut se situer &#xe0;
un niveau autre que ceux du &#xab; je &#xbb; individuel
ou du &#xab; nous &#xbb; collectif d&#xe8;s lors que
l&apos;on fait abstraction des sous-entendus moraux le concernant : le
&#xab; suicide &#xbb; peut alors devenir quelque chose de
plus vaste, dont on ne peut esp&#xe9;rer rendre compte qu&apos;en
cessant de se r&#xe9;f&#xe9;rer &#xe0; des situations comprises
comme modifiables – le &#xab; suicide &#xbb; s&apos;adresse
dans ce cas &#xe0; un soubassement, &#xe0; un fond stable,
permanent et, surtout, immuable, dont nous aurons a &#xe9;tudier la
nature.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Il
ne s&apos;agit bien s&#xfb;r l&#xe0;, pour le &#xab; suicide &#xbb;,
que d&apos;un possible – au m&#xea;me titre, d&apos;ailleurs, que les
explications sociales ou individuelles –, mais celui-ci pr&#xe9;sente
l&apos;avantage de lui offrir une v&#xe9;ritable substance en permettant
de demander, non plus si un &#xab; suicide &#xbb; aurait
pu &#xea;tre &#xe9;vit&#xe9;, mais en quoi et pourquoi il &#xe9;tait
in&#xe9;vitable, quel que fussent les &#xab; conditions
ext&#xe9;rieures &#xbb; qui l&apos;entouraient ; en cela, les
probl&#xe9;matiques psychologiques et sociologiques, trop souvent
orient&#xe9;es vers des pratiques qui &#xab; corrigeraient &#xbb;
le &#xab; suicide &#xbb;, se trouvent, une premi&#xe8;re
fois, d&#xe9;pass&#xe9;es.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Ce
n&apos;est pas que celles-ci n&apos;aient pas leur int&#xe9;r&#xea;t –
bien au contraire, surtout lorsqu&apos;elles sont bonnes – mais il est
surprenant de constater &#xe0; quel point la philosophie s&apos;est
d&#xe9;prise, et cela n&apos;est certes pas nouveau, de cet &#xab; objet &#xbb;
du &#xab; suicide &#xbb; : l&apos;explication r&#xe9;side
peut-&#xea;tre en ce que la philosophie n&apos;a pas vocation &#xe0;
emp&#xea;cher un &#xab; suicide &#xbb; en agissant sur
ses causes mais avant tout &#xe0; essayer d&apos;en &#xe9;claircir le
sens – et si l&apos;on met en parall&#xe8;le avec cela la r&#xe9;serve
qu&apos;elle a toujours exprim&#xe9; face &#xe0; un tel acte, il n&apos;y a
alors rien de surprenant &#xe0; voir le &#xab; suicide &#xbb;
laiss&#xe9; aux mains des &#xab; sciences &#xbb;
(m&#xe9;decine, psychanalyse, sociologie...) ou des religions, dont
le r&#xf4;le premier est de le pr&#xe9;venir ou de l&apos;interdire. En
effet, note Kromicheff,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; On
voit que la condamnation du suicide est assez g&#xe9;n&#xe9;rale
en occident. La religion, la philosophie, la morale, la politique le
repr&#xe9;sentent comme la n&#xe9;gation du sujet, de sa raison,
de sa libert&#xe9;, de sa dignit&#xe9; et de ses liens aux autres
hommes. Il est donc compris comme une v&#xe9;ritable d&#xe9;sint&#xe9;gration
de la personne et de la soci&#xe9;t&#xe9;, l’acte de se tuer
&#xe9;tant jug&#xe9; comme un acte insens&#xe9;. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote4anc&quot; href=&quot;#sdfootnote4sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Encore
une fois, il est tout &#xe0; faire possible que le &#xab; suicide &#xbb;
soit, de temps en temps, un acte &#xab; insens&#xe9; &#xbb;,
mais il y a loin &#xe0; ce que ce soit le seul parmi le r&#xe9;pertoire
de tous les actes humains, il n&apos;y a donc pas de raison de lui faire
de cela une sp&#xe9;cificit&#xe9;. Ne pourrait-il &#xea;tre, au
contraire, de l&apos;ordre d&apos;une qu&#xea;te de sens ? Ou, de mani&#xe8;re
moins pr&#xe9;somptueuse, simplement quelque chose auquel manque du
sens, quelque chose dans laquelle la philosophie devrait r&#xe9;injecter
un sens pour ne pas laisser ce dernier &#xe9;touffer sous les
interpr&#xe9;tations &#xab; d&apos;une compatissante
m&#xe9;dicalisation psychiatrique &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote5anc&quot; href=&quot;#sdfootnote5sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
lui redonner un peu de diversit&#xe9; oxyg&#xe8;nante face &#xe0;
un discours dominant et unilat&#xe9;ral dans lequel il est souvent
humiliant, pour un &#xab; suicid&#xe9; en puissance &#xbb;,
de se reconna&#xee;tre (et non pas d&apos;accepter de se reconna&#xee;tre)
– nous ne parlons l&#xe0; que du discours ext&#xe9;rieur au
&#xab; suicide &#xbb;, le discours publique, qu&apos;il soit
politique, philosophique, psychologique, etc., qui se d&#xe9;veloppe
sur la base du &#xab; suicide &#xbb;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Apr&#xe8;s
ces quelques remarques d&apos;ordre g&#xe9;n&#xe9;ral,
int&#xe9;ressons-nous tout d&apos;abord &#xe0; l&apos;&#xe9;tymologie et
&#xe0; l&apos;histoire du terme &#xab; suicide &#xbb; pour
en avoir une repr&#xe9;sentation un peu plus pr&#xe9;cise. Sa
racine est form&#xe9;e &#xe0; partir d&apos;un n&#xe9;ologisme latin
(suicidium) utilis&#xe9; par les casuistes au XVII&#xe8;me si&#xe8;cle
et c&apos;est &#xe9;galement au XVII&#xe8;me, tr&#xe8;s exactement
en 1635, que le terme propre de &#xab; suicide &#xbb;
appara&#xee;t en Angleterre, dans le &lt;em&gt;Religio Medici&lt;/em&gt; r&#xe9;dig&#xe9;
par Thomas Browne et publi&#xe9; en 1642. N&#xe9;anmoins, il ne
fera son apparition en France qu&apos;un si&#xe8;cle plus tard, en 1734,
via la revue &lt;em&gt;Le pour et le Contre&lt;/em&gt; de l&apos;abb&#xe9; Pr&#xe9;vost
qui s&#xe9;journe alors, justement, en Angleterre (cette apparition
se fera &#xe9;galement en Espagne, en Italie, au Portugal... au
m&#xea;me si&#xe8;cle). L&apos;utilisation grammaticale du terme est &#xe0;
elle seule r&#xe9;v&#xe9;latrice de la g&#xea;ne et du trouble
qui entourent l&apos;acte, en effet,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; le
verbe est toujours utilis&#xe9; sous la forme d&apos;un pl&#xe9;onasme
ou d&apos;une redondance : &#xab; se suicider &#xbb;, qui
montre bien que l&apos;on ne r&#xe9;ussit pas &#xe0; se d&#xe9;tacher
de l&apos;id&#xe9;e de crime contre soi-m&#xea;me : la forme correcte,
&#xab; je suicide &#xbb;, n&apos;a jamais &#xe9;t&#xe9;
employ&#xe9;e. En Angleterre, la forme verbale n&apos;existe pas :
suicide est un substantif qui doit &#xea;tre accompagn&#xe9; d&apos;un
verbe d&apos;action : to commit suicide. Dans toutes les autres langues
s&apos;impose aussi la forme double, voir la p&#xe9;riphrase, &#xe0;
l&apos;image de l&apos;allemand sich den Tod geben, ou sich t&#xf6;ten. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote6anc&quot; href=&quot;#sdfootnote6sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Ainsi,
l&apos;id&#xe9;e de &#xab; crime contre soi-m&#xea;me &#xbb;,
qui a connu son apog&#xe9;e durant le Moyen &#xc2;ge en se basant
sur les th&#xe8;ses d&apos;Augustin, persiste au travers des langues.
C&apos;est pourtant une caract&#xe9;ristique du &#xab; suicide &#xbb;,
&#xe0; partir du moment o&#xf9; on le consid&#xe8;re comme un
&#xab; crime &#xbb;, que de r&#xe9;unir &#xe0; la
fois la &#xab; victime &#xbb; et le &#xab; coupable &#xbb;
dans un m&#xea;me geste – &#xe0; tel point, d&apos;ailleurs, que nous
nous interrogerons sur la l&#xe9;gitimit&#xe9; d&apos;une telle grille
de lecture ; il n&apos;en reste pas moins que pour une grande partie du
Moyen &#xc2;ge, c&apos;est r&#xe9;solument la posture du &#xab; coupable &#xbb;
qui est adopt&#xe9;e (coupable face &#xe0; Dieu, face &#xe0; la
nature, face &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9; et face &#xe0;
soi-m&#xea;me). Mais ce qu&apos;affirme Minois dans la citation ci-dessus
m&#xe9;rite un &#xe9;claircissement : car conserver l&apos;id&#xe9;e
de &#xab; crime contre soi-m&#xea;me &#xbb; implique de
conserver aussi et surtout la notion de &#xab; volont&#xe9; &#xbb;,
de &#xab; libre-arbitre &#xbb;, pour en rendre
responsable, et donc punissable, l&apos;individu, quitte &#xe0; ce que
cette &#xab; volont&#xe9; &#xbb; soit consid&#xe9;r&#xe9;e
par la justice, dans certains cas, comme fauss&#xe9;e – c&apos;est
donc cette id&#xe9;e de &#xab; volont&#xe9; &#xbb;,
bien plus que celle de &#xab; crime contre soi-m&#xea;me &#xbb;
au sens juridique, que les pl&#xe9;onasmes entendent conserver et
appuyer puisque&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; L&apos;invention
du mot est li&#xe9;e, &#xe0; l&apos;aube de la r&#xe9;volution
industrielle, &#xe0; la remise en cause des attitudes
traditionnelles &#xe0; l&apos;&#xe9;gard du suicide : &#xe0; la
valorisation de la volont&#xe9; individuelle, &#xe0; l&apos;abandon de
crime contre soi-m&#xea;me.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;Le
Moyen Age n&apos;employait pas le mot, mais des p&#xe9;riphrases
diverses : &#xab; &#xea;tre homicide de soi-m&#xea;me &#xbb;,
&#xab; s&apos;occir soi-m&#xea;me &#xbb;, &#xab; se
meurtrir &#xbb;... Toutes d&#xe9;finissaient un homicide dont
l&apos;auteur &#xe9;tait en m&#xea;me temps la victime. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote7anc&quot; href=&quot;#sdfootnote7sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Nous
noterons que Schmitt et Minois ne sont pas en accord &#xe0; propos
de la valeur accord&#xe9;e au &#xab; suicide &#xbb;
lors de la cr&#xe9;ation du terme. Contrairement &#xe0; ce
qu&apos;affirme Schmitt, on peut en effet douter qu&apos;un terme qui,
&#xe9;tymologiquement, signifie le meurtre (caedes) de soi (sui)
soit apparu &#xe0; un moment o&#xf9; l&apos;on abandonnait l&apos;id&#xe9;e
de &#xab; crime contre soi-m&#xea;me &#xbb;, mais il
n&apos;en reste pas moins vrai que, paradoxalement, il fut justement cr&#xe9;&#xe9;
pour &#xab; distinguer le &lt;em&gt;self-killing&lt;/em&gt; chr&#xe9;tien,
totalement condamnable, du &lt;em&gt;suicidium&lt;/em&gt; pa&#xef;en de Caton &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote8anc&quot; href=&quot;#sdfootnote8sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
: ce sont l&#xe0; des ambigu&#xef;t&#xe9;s relatives &#xe0; ce
si&#xe8;cle, si&#xe8;cle o&#xf9; l&apos;on commence tout juste &#xe0;
oser formuler des r&#xe9;ponses &#xe0; la question
shakespearienne et &#xe0; soulever la chape de plomb impos&#xe9;e
par l&apos;&#xe9;glise chr&#xe9;tienne, il est donc normal que les
limites qui se dessinent restent encore floues et ind&#xe9;cises.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; To
be, or not to be : that is the question :&lt;br /&gt;Whether &apos;tis nobler in
the mind to suffer&lt;br /&gt;The slings and arrows of outrageous fortune,&lt;br /&gt;Or
to take arms against a sea of troubles,&lt;br /&gt;And by opposing end them ?
To die : to sleep ;&lt;br /&gt;No more ; and by a sleep to say we end&lt;br /&gt;The
heart-ache and the thousand natural shocks&lt;br /&gt;That flesh is heir to,
&apos;tis a consummation&lt;br /&gt;Devoutly to be wish&apos;d. To die, to sleep ;&lt;br /&gt;To
sleep : perchance to dream : ay, there&apos;s the rub ;&lt;br /&gt;For in that
sleep of death what dreams may come&lt;br /&gt;When we have shuffled off this
mortal coil,&lt;br /&gt;Must give us pause : there&apos;s the respect&lt;br /&gt;That
makes calamity of so long life ; &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote9anc&quot; href=&quot;#sdfootnote9sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Cette
tirade d&apos;Hamlet formule de mani&#xe8;re concise une premi&#xe8;re
probl&#xe9;matique du &#xab; suicide &#xbb;, embl&#xea;me
d&apos;un possible choix entre &#xab; l&apos;&#xea;tre et le non-&#xea;tre &#xbb;,
dont l&apos;incertitude entourant ce dernier fait r&#xe9;solument
pencher la balance du c&#xf4;t&#xe9; de &#xab; l&apos;&#xea;tre &#xbb;
: &#xab; avant de me suicider je demande qu&apos;on m&apos;assure de
l&apos;&#xea;tre, je voudrais &#xea;tre s&#xfb;r de la mort &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote10anc&quot; href=&quot;#sdfootnote10sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
insistera plus tard Artaud – &#xe0; propos de mort, d&apos;ailleurs,
n&apos;est-ce pas justement l&#xe0; ce qui est classiquement consid&#xe9;r&#xe9;
comme un des points de d&#xe9;part fondateur de la philosophie ?
Socrate n&apos;affirme-t-il pas &#xe0; Simmias que &#xab; ceux qui
philosophent droitement s&apos;exercent &#xe0; mourir ; et la mort, ce
sont eux qui, parmi les hommes, en ont le moins peur &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote11anc&quot; href=&quot;#sdfootnote11sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
? Ce m&#xea;me Socrate qui eu l&apos;occasion d&apos;&#xe9;chapper &#xe0;
sa sentence mortelle et qui pourtant n&apos;en fit rien ne ressemble-t-il
pas &#xe9;trangement, tout comme le Christ, &#xe0; un &#xab; mort
volontaire &#xbb;, c&apos;est-&#xe0;-dire &#xe0; un &#xab; suicid&#xe9; &#xbb;
? Platon, embarrass&#xe9; tout comme le furent C&#xe9;b&#xe8;s,
Simmias et m&#xea;me Caton, par les n&#xe9;buleuses explications
de Socrate &#xe0; propos de l&apos;interdiction du &#xab; suicide &#xbb;
dans le &lt;em&gt;Ph&#xe9;don&lt;/em&gt;, n&apos;excuse-t-il pas parfois, dans &lt;em&gt;Les
lois&lt;/em&gt;, un tel acte&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote12anc&quot; href=&quot;#sdfootnote12sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
alors que son ma&#xee;tre se d&#xe9;clare pourtant hostile au
&#xab; suicide &#xbb; ? En remarquant tout ceci, ne nous
semble-t-il pas alors encore plus bizarre que le th&#xe8;me du
&#xab; suicide &#xbb;, fleurtant avec celui de la mort,
soit si peu abord&#xe9; en philosophie, et, lorsqu&apos;il l&apos;est
effectivement, qu&apos;il soit condamn&#xe9; &#xe0; une large majorit&#xe9;
sans jamais, ou si peu, faire l&apos;objet d&apos;une v&#xe9;ritable
r&#xe9;flexion ? Ou plus exactement d&apos;une r&#xe9;flexion rapide,
dans laquelle se m&#xea;le la g&#xea;ne, comme si l&apos;on s&apos;autorisait
&#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir sur le &#xab; suicide &#xbb;
mais que l&apos;on savait d&apos;avance que, de toute mani&#xe8;re,
l&apos;interdit pesant sur lui ne serait et ne devrait pas &#xea;tre
lev&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Mais
revenons &#xe0; pr&#xe9;sent au texte d&apos;&lt;em&gt;Hamlet&lt;/em&gt;. N&apos;est-il
pas un peu trop simple de faire du &#xab; suicide &#xbb;
une porte – franchissable &#xe0; son propre gr&#xe9; – entre
&#xab; l&apos;&#xea;tre &#xbb; et le &#xab; non-&#xea;tre &#xbb;
? M&#xea;me Shakespeare s&apos;en rend compte lorsque, dans son texte,
l&apos;imagination et la crainte face &#xe0; l&apos;inconnu d&#xe9;poss&#xe8;dent
de sa volont&#xe9; l&apos;homme nourrissant ce sombre dessein du
&#xab; suicide &#xbb; ; il ne s&apos;agit pas pour nous de
tirer argument de la crainte de l&apos;inconnu (qui peut ne pas avoir
lieu, comme chez Epicure par exemple) contre le &#xab; suicide &#xbb;,
mais plut&#xf4;t de souligner la faiblesse l&apos;assimilation du
&#xab; suicide &#xbb; au &#xab; non-&#xea;tre &#xbb;,
ou plus exactement son ambigu&#xef;t&#xe9; – est-ce vraiment une
aspiration au n&#xe9;ant qui guide le &#xab; suicidant &#xbb;
? Schopenhauer en doute :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Bien
loin d&apos;&#xea;tre une n&#xe9;gation de la Volont&#xe9;, le
suicide est une marque d&apos;affirmation intense de la Volont&#xe9;.
Car la n&#xe9;gation de la Volont&#xe9; consiste non pas en ce
qu&apos;on a horreur des maux de la vie, mais en ce qu&apos;on en d&#xe9;teste
les jouissances. Celui qui se donne la mort voudrait vivre ; il
n&apos;est m&#xe9;content que des conditions dans lesquelles la vie lui
est &#xe9;chue. Par suite, en d&#xe9;truisant son corps, ce n&apos;est
pas au vouloir-vivre, c&apos;est simplement &#xe0; la vie qu&apos;il renonce.
Il voudrait la vie, il voudrait que sa volont&#xe9; exist&#xe2;t
et s&apos;affirm&#xe2;t sans obstacle; mais les conjonctures pr&#xe9;sentes
ne le lui permettent point et il en ressent une grande douleur. Le
vouloir-vivre lui-m&#xea;me se trouve, dans ce ph&#xe9;nom&#xe8;ne
isol&#xe9;, tellement entrav&#xe9; qu&apos;il ne peut d&#xe9;velopper
son effort. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote13anc&quot; href=&quot;#sdfootnote13sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Mais
m&#xea;me en admettant que ce soit bien une aspiration au n&#xe9;ant
qui guide le &#xab; suicidant &#xbb;, rien ne prouve que
cette aspiration passe n&#xe9;cessairement par la suppression
physique et empirique du corps et, comme le sous-entend Shakespeare,
rien ne prouve non plus que cette suppression soit suffisante pour
atteindre le &#xab; non-&#xea;tre &#xbb;. Ce qui
signifie donc, si l&apos;on accepte un instant pour des raisons de
simplicit&#xe9; la division entre le corps et l&apos;esprit, qu&apos;il peut
exister des &#xab; suicides &#xbb; spirituels, c&apos;est
d&apos;ailleurs ce que Georges Minois appelle &#xab; la spiritualit&#xe9;
de &#xab; l&apos;an&#xe9;antissement &#xbb; &#xbb;,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; l&#xe9;gion
dans les textes spirituels du XVII&#xe8;me si&#xe8;cle, qui font
reposer la vie chr&#xe9;tienne id&#xe9;ale sur un &#xe9;quilibre
bien pr&#xe9;caire : le spirituel d&#xe9;teste le monde et la
vie, aspire &#xe0; la mort et &#xe0; l&apos;au-del&#xe0;, tout en
s&apos;interdisant de franchir le pas. Vivant dans le monde mais refusant
tous les plaisirs que peut offrir ce dernier, il est comme un mort
vivant ; il doit s&apos;approcher le plus pr&#xe8;s possible de la mort,
sans jamais se la donner. Sa spiritualit&#xe9; repose en fait sur
un substitut de la mort volontaire, sur un v&#xe9;ritable suicide
spirituel : c&apos;est la doctrine de &#xab; l&apos;an&#xe9;antissement &#xbb;,
que l&apos;on retrouve chez tous les grands mystiques et spirituels du
d&#xe9;but du si&#xe8;cle, dont les &#xe9;crits ont des
r&#xe9;sonances parfois troublantes. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote14anc&quot; href=&quot;#sdfootnote14sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Si
Schopenhauer formule clairement un des paradoxes possibles du
&#xab; suicide &#xbb;, selon lequel le &#xab; suicid&#xe9; &#xbb;
n&apos;est pas pouss&#xe9; par un d&#xe9;sir de mort mais au contraire
par un d&#xe9;sir de vivre, il est &#xe9;galement envisageable,
gr&#xe2;ce &#xe0; la citation de Minois, de reconna&#xee;tre un
homme vivant pouss&#xe9; par un d&#xe9;sir de mort : certains
&#xab; suicid&#xe9;s &#xbb; avaient soif de vie, et
certains &#xab; vivants &#xbb; n&apos;ont soif que de mort –
devant de tels paradoxes, une des choses que met en lumi&#xe8;re le
&#xab; suicide &#xbb; est bien l&apos;insuffisance de
l&apos;opposition manich&#xe9;enne, m&#xea;me inconsciente, des
concepts de &#xab; vie &#xbb; et de &#xab; mort &#xbb;
pour rendre compte du ph&#xe9;nom&#xe8;ne humain, de &#xab; l&apos;homme &#xbb;.
Ce dont Freud fit, selon Alvarez, l&apos;exp&#xe9;rience en deux &#xe9;tapes
: d&apos;abord en ayant sous les yeux la premi&#xe8;re guerre mondiale,
&#xe0; la fin de laquelle il r&#xe9;digea &lt;em&gt;Au-del&#xe0; du
principe de plaisir&lt;/em&gt;, puis en &#xe9;crivant l&apos;article &lt;em&gt;Analyse
terminable et interminable,&lt;/em&gt; alors que son cancer le rongeait,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; dans
lequel il mettait en question l&apos;efficacit&#xe9; de la m&#xe9;thode
th&#xe9;rapeutique au d&#xe9;veloppement de laquelle il avait
consacr&#xe9; sa vie. Il bl&#xe2;mait en partie l&apos;instinct de la
mort pour la t&#xe9;nacit&#xe9; avec laquelle le patient se
raccroche &#xe0; sa maladie, la r&#xe9;pugnance avec laquelle il
accepte les possibilit&#xe9;s de gu&#xe9;rison et de sant&#xe9;.
Tout comme cette force destructrice inn&#xe9;e semblait saper la
structure th&#xe9;orique sur laquelle &#xe9;taient fond&#xe9;s
ses premiers travaux, il les voyait maintenant&amp;nbsp; jeter le doute sur
l&apos;oeuvre de sa vie enti&#xe8;re. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote15anc&quot; href=&quot;#sdfootnote15sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Tout
ceci semble indiquer que le &#xab; suicide &#xbb; ne peut
pas &#xea;tre appr&#xe9;hend&#xe9; comme un acte-clef en soi,
c&apos;est-&#xe0;-dire comme un acte qui parlerait par lui-m&#xea;me et
signifierait de lui-m&#xea;me. Au-del&#xe0; de cette r&#xe9;flexion
banale, nous voulons &#xe9;galement dire qu&apos;une pens&#xe9;e, une
th&#xe9;orie, lorsqu&apos;elle se trouve confront&#xe9;e au
&#xab; suicide &#xbb;, ne doit pas s&apos;en sentir
&#xab; heurt&#xe9;e &#xbb; comme si elle avait
l&apos;impression de se retrouver devant un obstacle incongru
(c&apos;est-&#xe0;-dire dont l&apos;incongruit&#xe9; serait justement le
langage) qui surgirait soudainement devant elle et dont elle aurait,
malgr&#xe9; tout, &#xe0; essayer de rendre compte mais sans
jamais pouvoir lever la r&#xe9;sistance qu&apos;il lui opposerait – &#xab;
Ou bien est-ce qu&apos;en lui-m&#xea;me, le suicide, lui non plus, n&apos;est
ni bon ni mauvais ! &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote16anc&quot; href=&quot;#sdfootnote16sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
finit par s&apos;exclamer Wittgenstein. Ce fr&#xe9;quent sch&#xe9;ma
de fonctionnement illustre bien le fait que, confront&#xe9;es au
&#xab; suicide &#xbb;, une grande majorit&#xe9; des
&#xab; pens&#xe9;es &#xbb; se retrouvent subitement
enferm&#xe9;es dans un cercle moral vicieux : on n&apos;ose admettre
qu&apos;il puisse exister au m&#xea;me titre que d&apos;autres actes humains,
et il faut alors justifier pourquoi on ne l&apos;admet pas, retombant
ainsi dans la l&#xe9;gislation, reprenant sans arriver &#xe0; le
d&#xe9;passer, comme le fit pourtant son auteur, le principe
&#xe9;rigeant le &#xab; suicide &#xbb; comme la pierre
de touche de la morale,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab;Si
le suicide est permis, tout est permis. Si tout n&apos;est pas permis,
alors le suicide n&apos;est pas permis. Ceci jette une lumi&#xe8;re sur
la nature de l&apos;Ethique. Car le suicide est, pour ainsi dire, le p&#xe9;ch&#xe9;
&#xe9;l&#xe9;mentaire. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote17anc&quot; href=&quot;#sdfootnote17sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;17&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Montaigne,
dans son chapitre des &lt;em&gt;Essais&lt;/em&gt; intitul&#xe9; &lt;em&gt;Coutume de
l&apos;&#xee;le de Cea&lt;/em&gt;, illustre bien, &#xe0; travers la
composition finale de son essai, cette esp&#xe8;ce de dialectique &#xe0;
propos du &#xab; suicide &#xbb;. En tout premier lieu, il
prend soin de rappeler qu&apos;il se soumet &#xe0; l&apos;autorit&#xe9; de
l&apos;Eglise, hostile au &#xab; suicide &#xbb; (feinte du
libre-penseur ou r&#xe9;elle reconnaissance ? Devant
l&apos;impossibilit&#xe9; de trancher cette question, nous donnerons la
pr&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; l&apos;honn&#xea;tet&#xe9; dont
Montaigne ne cesse de se r&#xe9;clamer pour d&#xe9;voiler sa
complexit&#xe9;), puis il m&#xe8;ne un v&#xe9;ritable plaidoyer
pour le droit au &#xab; suicide &#xbb; avant de d&#xe9;fendre
tout aussi radicalement son interdiction – mais o&#xf9; Montaigne
surprend encore, c&apos;est &#xe0; la fin de son essai, s&apos;ach&#xe8;vant
par une s&#xe9;rie d&apos;exemples de &#xab; suicid&#xe9;s &#xbb;,
et o&#xf9; chaque exemple se trouve ponctu&#xe9; par de br&#xe8;ves
remarques amorales. Ce qui n&apos;emp&#xea;che pas Minois d&apos;interpr&#xe9;ter
cela comme un ultime jugement &#xe0; propos du &#xab; suicide &#xbb;,
acte o&#xf9; la &#xab; d&#xe9;cision n&apos;est possible que
lorsqu&apos;on est confront&#xe9; soi-m&#xea;me &#xe0; la situation :
telle est la le&#xe7;on des &lt;em&gt;Essais&lt;/em&gt; &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote18anc&quot; href=&quot;#sdfootnote18sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;18&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
Seulement Montaigne ne donne pas de le&#xe7;on, si &#xab; les
autres forment l&apos;homme ; [lui] le r&#xe9;cite &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote19anc&quot; href=&quot;#sdfootnote19sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;19&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
ainsi, plut&#xf4;t que de renvoyer chacun dans l&apos;attente du moment
o&#xf9; il se trouverait, seul, face &#xe0; une telle situation,
Montaigne pr&#xe9;f&#xe8;re approfondir non pas les &#xab; motifs &#xbb;
des individus mais sa compr&#xe9;hension de la diversit&#xe9; de
l&apos;acte, afin que ses lecteurs puissent en retirer quelque chose pour
eux-m&#xea;mes. Et le fait qu&apos;il laisse cette compr&#xe9;hension
et cette diversit&#xe9; ouvertes, en se gardant de conclure, n&apos;est
certainement pas anodin. &lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Comment
ne pas voir, en effet, que le &#xab; suicide &#xbb;, du
point de vue de l&apos;observateur, emp&#xea;che la pens&#xe9;e de se
clore et d&apos;arriver &#xe0; une certitude ? L&apos;habitude de rechercher
le &#xab; coupable &#xbb;, &#xab; l&apos;agent &#xbb;
bien r&#xe9;el qui a engendr&#xe9; la mort est totalement
brouill&#xe9;e par le fait qu&apos;on ne trouve pas d&apos;ext&#xe9;riorit&#xe9;
de celui-ci, de limite permettant de le dissocier du mort – comment
un tel geste fut-il possible, mais surtout &#xab; pourquoi tel
autre, avec une histoire similaire, ne se suicide pas ? &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote20anc&quot; href=&quot;#sdfootnote20sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;20&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
Dans le cas d&apos;une &#xab; mort naturelle &#xbb; (dans
quelle mesure, d&apos;ailleurs, le &#xab; suicide &#xbb;
n&apos;est-il pas une &#xab; mort naturelle &#xbb; ?) ou d&apos;une
&#xab; mort accidentelle &#xbb; (m&#xea;me question), la
parole de &#xab; l&apos;agent &#xbb; qui p&#xe2;tit n&apos;est pas
jug&#xe9;e n&#xe9;cessaire pour comprendre l&apos;&#xe9;v&#xe8;nement,
pour lui donner du sens : c&apos;est le lot de la condition humaine de
mourir un jour, c&apos;est son lot d&apos;&#xea;tre soumise aux caprices de la
fortune, et c&apos;est son lot de ne pouvoir totalement, sauf quelques
rares exceptions, s&apos;y pr&#xe9;parer – c&apos;est que tout cela rentre
malgr&#xe9; tout dans le cadre de la &#xab; fatalit&#xe9; &#xbb;,
d&apos;autant plus que &#xab; l&apos;agent &#xbb; est consid&#xe9;r&#xe9;
face &#xe0; ces &#xe9;v&#xe8;nements comme impuissant :
personne ne demande &#xe0; un mourant de justifier, de clarifier ou
d&apos;expliciter une chose dont il ne peut se d&#xe9;prendre. Mais avec
le &#xab; suicide &#xbb;, l&apos;acte est consid&#xe9;r&#xe9;
comme provenant de l&apos;individu et, alors que dans les autres actes de
sa vie il restait pr&#xe9;sent pour les expliciter &#xe0; la fois
aux autres et &#xe0; lui-m&#xea;me, sa parole se cl&#xf4;t –
impossible de l&apos;interroger, de le questionner, sa parole ne peut
avoir lieu &#xab; qu&apos;avant &#xbb;, elle n&apos;existe plus ni
&#xab; pendant &#xbb; ni &#xab; apr&#xe8;s &#xbb;
(du moins, en tous les cas, sous les m&#xea;mes formes) et rien ne
peut plus approfondir l&apos;acte apr&#xe8;s qu&apos;il ait eu lieu. De la
sorte, s&apos;il est impossible d&apos;acc&#xe9;der &#xe0; une quelconque
certitude concernant le &#xab; suicide &#xbb;, il est
&#xe9;galement difficile, &#xe0; la diff&#xe9;rence de la mort,
de se le repr&#xe9;senter comme in&#xe9;luctable et, enfin, il
est &#xe9;galement difficile, &#xe0; l&apos;inverse cette fois des
accidents, de le voir comme une r&#xe9;sultante du hasard puisqu&apos;il
est cens&#xe9; faire intervenir la &#xab; volont&#xe9; &#xbb;
humaine. Montaigne sent, dans la fin de son essai, cette sp&#xe9;cificit&#xe9;,
cette impossibilit&#xe9; de clore la question du &#xab; suicide &#xbb;
; symboliquement, le &#xab; suicide &#xbb; est une
ouverture d&#xe9;finitive au sens et ses variations.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; text-decoration: none;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Il
n&apos;y a qu&apos;un probl&#xe8;me philosophique vraiment s&#xe9;rieux :
c&apos;est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine
d&apos;&#xea;tre v&#xe9;cue, c&apos;est r&#xe9;pondre &#xe0; la question
fondamentale de la philosophie. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote21anc&quot; href=&quot;#sdfootnote21sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;21&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Camus
se trompe. Le &#xab; suicide &#xbb; n&apos;est pas un probl&#xe8;me
&#xe0; r&#xe9;soudre – il condamnera d&apos;ailleurs, banalement,
quelles que soient ses &#xab; raisons &#xbb;, le
&#xab; suicide &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote22anc&quot; href=&quot;#sdfootnote22sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;22&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
– mais une interrogation immuable, une ritournelle divertissant les
&#xab; vivants &#xbb; de la &#xab; vie &#xbb;.
D&apos;apr&#xe8;s ce que nous avons vu plus haut, nous n&apos;avons aucune
raison d&apos;affirmer qu&apos;il y a plus d&apos;arbitraire &#xe0; condamner le
&#xab; suicide &#xbb; qu&apos;&#xe0; le d&#xe9;fendre –
seulement, comme Nietzsche, nous nous m&#xe9;fierons des
conclusions allant dans le sens de la majorit&#xe9; : &lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Mais
je ne cesse d&apos;avoir le sentiment que Schopenhauer n&apos;a fait dans ce
cas aussi que ce que les philosophes ont l&apos;habitude de faire : qu&apos;il
a repris et exag&#xe9;r&#xe9; un pr&#xe9;jug&#xe9; du
peuple. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote23anc&quot; href=&quot;#sdfootnote23sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;23&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Ainsi
que nous l&apos;avions dit plus haut, la philosophie aurait plut&#xf4;t &#xe0;
r&#xe9;injecter du sens et de la diversit&#xe9; au sein d&apos;un
discours majoritairement hostile au &#xab; suicide &#xbb;.
Par cons&#xe9;quent, vouloir d&#xe9;finitivement trancher en
d&#xe9;faveur du &#xab; suicide &#xbb;, plus encore
qu&apos;en sa faveur, revient &#xe0; vouloir, dogmatiquement, obstruer
l&apos;interrogation qu&apos;il suscite. Une des choses permettant d&apos;affirmer
que le &#xab; suicide &#xbb; est une ouverture aux
variations du sens est par exemple cette r&#xe9;flexion de Cioran :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; La
pens&#xe9;e du suicide est une pens&#xe9;e qui aide &#xe0;
vivre..., la vie est supportable uniquement avec l&apos;id&#xe9;e qu&apos;on
puisse la quitter quand on veut. Elle est &#xe0; notre
discr&#xe9;tion... que nous puissions quitter le spectacle quand
nous voulons, c&apos;est une id&#xe9;e exaltante. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote24anc&quot; href=&quot;#sdfootnote24sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;24&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Il
est bien connu que Cioran ne se suicida pas, ce qui, d&apos;ailleurs, lui
valu quelques reproches – au nom de &#xab; l&apos;honn&#xea;tet&#xe9; &#xbb;
; &#xe9;videmment, lorsqu&apos;Ernest Hemingway ou Jacques Rigaut se
suicident malgr&#xe9; le fait qu&apos;ils aient condamn&#xe9; un tel
acte, personne ne les accuse d&apos;hypocrisie : mais cela montre que
penser au &#xab; suicide &#xbb; n&apos;y conduit pas et que le
condamner ne le fait pas &#xe9;viter. Mieux vaut alors se demander
quel r&#xf4;le jouait pour Cioran la &#xab; pens&#xe9;e du
suicide &#xbb; et pourquoi il la trouvait si indispensable. Si
l&apos;on doute, comme nous l&apos;avons fait jusqu&apos;&#xe0; pr&#xe9;sent,
que le &#xab; suicide &#xbb; et sa pens&#xe9;e soient
totalement assimilables &#xe0; la &#xab; mort &#xbb; et
sa pens&#xe9;e, alors la probl&#xe9;matique se reporte une fois
encore sur le th&#xe8;me de la &#xab; volont&#xe9; &#xbb;
: &#xab; quitter le spectacle quand nous voulons &#xbb;
pr&#xe9;cise bien Cioran. Faut-il imm&#xe9;diatement en conclure
que le &#xab; suicide &#xbb;, parce qu&apos;il sugg&#xe8;re
une r&#xe9;-appropriation de l&apos;existence d&apos;un individu (la
naissance n&apos;est pas un &#xab; choix &#xbb;, et l&apos;on peut
avoir la sensation d&apos;&#xea;tre d&#xe9;poss&#xe9;d&#xe9; de son
existence), est un acte de &#xab; volont&#xe9; &#xbb;
et donc de &#xab; libert&#xe9; &#xbb; ? Ou bien seule
la &#xab; pens&#xe9;e du suicide &#xbb; y suffit-elle ?
Et pourquoi ? Citons, pour tenter de r&#xe9;pondre &#xe0; ces
interrogations, le cas d&apos;Ellen West :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Binswanger
[l&apos;analyste d&apos;Ellen West] semble vouloir dire que le suicide d&apos;Ellen
West &#xe9;tait non seulement in&#xe9;vitable, mais aussi l&apos;acte
le plus compl&#xe8;tement significatif qu&apos;elle e&#xfb;t jamais
commis, un acte auquel toute sa vie pr&#xe9;c&#xe9;dente l&apos;avait
in&#xe9;luctablement conduite. Il para&#xee;t &#xe9;galement
vouloir dire que son analyse existentielle l&apos;avait aid&#xe9;e &#xe0;
le comprendre ; c&apos;est ainsi que son suicide semble presque une
justification de son traitement. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote25anc&quot; href=&quot;#sdfootnote25sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;25&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Pour
Ellen West, ce n&apos;est pas la simple &#xab; pens&#xe9;e du
suicide &#xbb; qui lui redonna, quelque peu avant qu&apos;elle ne se
&#xab; suicide &#xbb;, une joie de vivre&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote26anc&quot; href=&quot;#sdfootnote26sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;26&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
mais bien la certitude qu&apos;elle allait r&#xe9;aliser cela, non parce
qu&apos;elle se sentait libre, mais parce que c&apos;&#xe9;tait l&#xe0; que
toute son existence pass&#xe9;e prenait sens, l&#xe0; qu&apos;elle
l&apos;avait pouss&#xe9;e et l&#xe0; o&#xf9; Ellen West se trouvait,
c&apos;est-&#xe0;-dire &#xab; devenait ce qu&apos;elle &#xe9;tait &#xbb;.
Il y a ainsi une diff&#xe9;rence incommensurable entre un Cioran
qui int&#xe8;gre &#xe0; et cultive dans son existence une id&#xe9;e
du &#xab; suicide &#xbb; et l&apos;existence d&apos;une Ellen West
qui d&#xe9;couvre, elle, que c&apos;est l&#xe0;-dessus que d&#xe9;bouche
la sienne. Ainsi, c&apos;est en terme de possible, au sens de virtualit&#xe9;
et de potentialit&#xe9;, que le &#xab; suicide &#xbb;
demande avant tout &#xe0; &#xea;tre compris, et non en termes de
libert&#xe9; ou de morale – toutefois, dire que le &#xab; suicide &#xbb;
doit &#xea;tre ainsi compris peut poser d&apos;autres probl&#xe8;mes,
se rapprochant davantage, eux, d&apos;une teinte morale : le meurtre, par
exemple, n&apos;est-il pas lui aussi un possible de l&apos;existence, une chose
&#xe0; laquelle peut mener une existence ? Non pas que nous
consid&#xe9;rions comme inf&#xe2;me que cela soit r&#xe9;el,
mais plut&#xf4;t que nous consid&#xe9;rions que l&apos;argument
d&apos;Augustin, repris par Thomas d&apos;Aquin et ayant connu une grande
fortune, consistant &#xe0; faire du &#xab; suicide &#xbb;
un meurtre en vertu du cinqui&#xe8;me commandement, est ill&#xe9;gitime
:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Thomas
d&apos;Aquin, dans sa &lt;em&gt;Somme th&#xe9;ologique&lt;/em&gt;, reprend le
probl&#xe8;me, qu&apos;il traite de fa&#xe7;on plus philosophique, et
sa solution fournira des arguments oppos&#xe9;s au suicide pendant
des si&#xe8;cles [...]. Argument contre : le cinqui&#xe8;me
commandement interdit de tuer. Solution : les [...] arguments pour
sont fallacieux. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote27anc&quot; href=&quot;#sdfootnote27sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;27&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Tout
comme pour Augustin, le cinqui&#xe8;me commandement fait, dans
l&apos;argumentation de Thomas d&apos;Aquin, figure d&apos;interdit... relatif.
D&apos;une part ni d&apos;Aquin ni Augustin ne semblent s&apos;&#xe9;mouvoir des
guerres et, d&apos;autre part, pour rendre compte des &#xab; suicides &#xbb;
bibliques comme ceux de Samson et Razis, ils admettent tous deux un
signe particulier de la part de Dieu – ce qui les garde d&apos;appliquer
les condamnations morales qu&apos;ils d&#xe9;veloppent vis-&#xe0;-vis
du &#xab; suicide &#xbb; aux cas de l&apos;Ecriture Sainte.
C&apos;est ainsi que le &#xab; suicide &#xbb; se voit
qualifier de crime (crime envers Dieu auquel l&apos;homme appartient,
crime envers la soci&#xe9;t&#xe9; dans laquelle chaque homme a un
r&#xf4;le &#xe0; tenir et crime envers soi-m&#xea;me puisque le
&#xab; suicide &#xbb; contredit l&apos;inclination naturelle
qu&apos;&#xe0; chaque homme de s&apos;aimer lui-m&#xea;me). Juridiquement,
ces argumentations donnent lieu, principalement au Moyen &#xc2;ge, a
des condamnations et des humiliations post-mortem pour le
&#xab; suicid&#xe9; &#xbb;, dont la famille se retrouve
couverte de honte&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote28anc&quot; href=&quot;#sdfootnote28sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;28&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Jusqu’&#xe0;
ce que le pouvoir royal s’efforce d’y mettre bon ordre, le droit
fran&#xe7;ais est un fouillis d’une soixantaine de coutumes
g&#xe9;n&#xe9;rales et de plus de sept cents coutumes locales.
Avec une dominante de droit romain &#xe9;crit dans le Midi et un
&#xe9;parpillement de coutumes d’inspirations germaniques au
Nord.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;D&apos;une
fa&#xe7;on g&#xe9;n&#xe9;rale, &#xab; l&apos;homicide de
soi-m&#xea;me &#xbb; est un crime grave, relevant de la
&#xab; haute justice &#xbb; seigneuriale. Assimil&#xe9;
au meurtre ou &#xe0; l&apos;empoisonnement dans la plupart des coutumes,
il entra&#xee;ne, comme ceux-ci, la confiscation des biens du
d&#xe9;linquant au profit du seigneur justicier.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;Quant
&#xe0; la d&#xe9;pouille du coupable, elle est &#xab; justici&#xe9;e &#xbb;
suivant diverses mises en sc&#xe8;ne en forme de variation autour
d&apos;un th&#xe8;me : la &#xab; mise &#xe0; mort &#xbb;
du cadavre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;[...].
Proc&#xe9;dure classique : le corps est tra&#xee;n&#xe9; sur une
claie, face contre terre, jusqu&apos;&#xe0; la place patibulaire o&#xf9;
il est pendu, par la t&#xea;te ou les pieds... &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote29anc&quot; href=&quot;#sdfootnote29sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;29&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Il
faut pourtant pr&#xe9;ciser une chose : si, en occident,
l&apos;argumentation contre le &#xab; suicide &#xbb; prend, de
mani&#xe8;re radicale, ses lettres de noblesse avec des th&#xe9;ologiens
et philosophes chr&#xe9;tiens, il n&apos;y a pourtant pas de rapport
direct entre l&apos;interdiction chr&#xe9;tienne orthodoxe du
&#xab; suicide &#xbb; et les coutumes instaur&#xe9;es
autour d&apos;un tel acte, qui existaient d&#xe9;j&#xe0; dans les
soci&#xe9;t&#xe9;s primitives&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote30anc&quot; href=&quot;#sdfootnote30sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;30&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
mais qui, pourtant, ne condamnaient pas toutes en bloc le &#xab; suicide &#xbb;
– ainsi par exemple les vikings, o&#xf9; &lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&#xab;
seuls ceux qui avaient eu une mort violente pouvaient entrer et
prendre part au banquet [d’Odin]. Le plus grand honneur et la
qualification la plus s&#xfb;re &#xe9;taient la mort au combat ;
ce qui venait ensuite &#xe9;tait le suicide. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote31anc&quot; href=&quot;#sdfootnote31sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;31&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Sans
rentrer dans les d&#xe9;tails de l&apos;histoire, nous nous apercevons
donc que le paysage autour du &#xab; suicide &#xbb; est
plut&#xf4;t h&#xe9;t&#xe9;roclite – mais l&apos;important, pour le
moment, est surtout de voir que si l&apos;on trouve dans la tradition
occidentale beaucoup de rituels violents apr&#xe8;s un cadavre de
&#xab; suicid&#xe9; &#xbb;, cette tradition, d&apos;une part
n&apos;est pas une r&#xe8;gle universelle, et d&apos;autre part, si elle a
effectivement &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;cup&#xe9;r&#xe9;e par
l&apos;Eglise Chr&#xe9;tienne dans le but de &#xab; racheter la
client&#xe8;le pa&#xef;enne &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote32anc&quot; href=&quot;#sdfootnote32sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;32&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
cette derni&#xe8;re n&apos;en est pas l&apos;instigatrice.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	N&#xe9;anmoins,
il n&apos;est pas douteux que l&apos;assimilation du &#xab; suicide &#xbb;
au &#xab; meurtre &#xbb;, en occident, provienne en
grande part de l&apos;Eglise Chr&#xe9;tienne, &#xe0; la fois par ses
th&#xe8;ses et la longue influence qu&apos;elle a exerc&#xe9; – nous
trouvons d&apos;ailleurs toujours aujourd&apos;hui, dans les interpr&#xe9;tations
bibliques du Vatican, la reprise de cette assimilation&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote33anc&quot; href=&quot;#sdfootnote33sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;33&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
Ces interpr&#xe9;tations sont toujours tributaires d&apos;Augustin et de
Thomas d&apos;Aquin, alors que rien, dans les textes m&#xea;mes, ne
permet de conclure &#xe0; une telle interdiction, ce qui, dans la
lettre de l&apos;amant de Julie, n&apos;&#xe9;chappe pas &#xe0; Rousseau :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; ...
quelles maximes plus certaines la raison peut-elle d&#xe9;duire de
la religion sur la mort volontaire ? Si les chr&#xe9;tiens en ont
&#xe9;tabli d’oppos&#xe9;es, ils ne les ont tir&#xe9;es ni
des principes de leur religion, ni de sa r&#xe8;gle unique, qui est
l’Ecriture, mais seulement des philosophes paiens. Lactance et
Augustin, qui les premiers avanc&#xe8;rent cette nouvelle doctrine,
dont J&#xe9;sus-Crist ni les ap&#xf4;tres n’avaient pas dit un
mot, ne s’appuy&#xe8;rent que sur le raisonnement du &lt;em&gt;Ph&#xe9;don&lt;/em&gt;,
que j’ai d&#xe9;j&#xe0; combattu ; de sorte que les
fid&#xe8;les ; qui croient suivre en cela l’autorit&#xe9;
de l’Evangile, ne suivent que celle de Platon. En effet, o&#xf9;
verra-t-on dans la Bible enti&#xe8;re une loi contre le suicide, ou
m&#xea;me une simple improbation ? Et n’est-il pas bien
&#xe9;trange que dans les exemples de gens qui se sont donn&#xe9;
la mort, on n’y trouve pas un seul mot de bl&#xe2;me contre aucun
de ces exemples ! &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote34anc&quot; href=&quot;#sdfootnote34sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;34&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Qu&apos;est-ce
qui, justement, a pu pousser le christianisme &#xe0; une telle
assimilation alors que rien ne le laissait pr&#xe9;sager dans ses
textes fondateurs ? (pour des raisons de temps, nous limiterons notre
analyse au cas du christianisme, bien que, comme le remarque
Schopenhauer tous &#xab; les adeptes des religions
monoth&#xe9;istes, c&apos;est-&#xe0;-dire juives, regardent le suicide
comme un crime &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote35anc&quot; href=&quot;#sdfootnote35sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;35&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;).
D&apos;autant plus que&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; pour
l’Eglise primitive, la vie &#xe9;tait intol&#xe9;rable quelles
qu’en fussent les conditions. Pourquoi, alors, vivre non rachet&#xe9;s
quand un simple coup de couteau vous s&#xe9;parait de la
b&#xe9;n&#xe9;diction c&#xe9;leste ? L’enseignement chr&#xe9;tien
&#xe9;tait au d&#xe9;but une puissante incitation au suicide.
&lt;br /&gt;Les premiers P&#xe8;res avaient un autre encouragement, presque
aussi puissant que la b&#xe9;n&#xe9;diction c&#xe9;leste. Ils
offraient la gloire posthume : les noms des martyrs c&#xe9;l&#xe9;br&#xe9;s
annuellement dans le calendrier de l’Eglise, leur disparition
officiellement consign&#xe9;e, leurs reliques v&#xe9;n&#xe9;r&#xe9;es
[…]. &lt;br /&gt;Mais, par-dessus tout, le martyre offrait une certitude de
r&#xe9;demption. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote36anc&quot; href=&quot;#sdfootnote36sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;36&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;	Un
&#xe9;l&#xe9;ment central pour la compr&#xe9;hension d&apos;un tel
renversement est la querelle de l&apos;Eglise, une fois qu&apos;elle acc&#xe9;da
au pouvoir, avec les Donatistes, qui continuent de rechercher le
martyre, et donc le &#xab; suicide &#xbb;, en se
r&#xe9;clamant de l&apos;enseignement chr&#xe9;tien – comment, en
effet, asseoir un pouvoir dans le temps si les tenants de ce pouvoir
ne cessent de dispara&#xee;tre ? : la subversion n&apos;est plus de mise
de ce c&#xf4;t&#xe9;-ci de la barri&#xe8;re. Ajoutons &#xe0;
cela, comme le montre Minois, un contexte socio-&#xe9;conomique
particulier&lt;/font&gt;, o&#xf9;,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; en
pleine crise &#xe9;conomique et d&#xe9;mographique, l&apos;Etat romain
se transforme &#xe0; partir de Diocl&#xe9;tien et de Constantin
en un syst&#xe8;me totalitaire dans lequel l&apos;individu perd tout
droit &#xe0; disposer de sa personne [...]. Le manque aigu de
main-d&apos;oeuvre et de bras pour d&#xe9;fendre l&apos;Empire exige la
r&#xe9;quisition de chaque vie humaine au service de l&apos;&#xe9;conomie
et de la d&#xe9;fense. Du coup, la l&#xe9;gislation civile,
traditionnellement tr&#xe8;s indulgente &#xe0; l&apos;&#xe9;gard du
suicide dans le monde romain, se durcit. D&#xe9;sormais, les biens
de ceux qui se suicident pour &#xe9;chapper &#xe0; une
inculpation sont confisqu&#xe9;s, tandis que peu &#xe0; peu
s&apos;&#xe9;tablit le lien entre confiscation et culpabilit&#xe9; du
suicide. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote37anc&quot; href=&quot;#sdfootnote37sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;37&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;	L&apos;&#xe9;quation
cherchant &#xe0; faire du &#xab; suicide &#xbb; un acte
socialement r&#xe9;pr&#xe9;hensible – alors qu&apos;il n&apos;&#xe9;tait
pas consid&#xe9;r&#xe9; comme tel sous la Rome Antique –
devient ainsi r&#xe9;solue&lt;/font&gt;. La distinction entre &#xab; soi &#xbb;
et &#xab; l&apos;autre &#xbb;, comme dans le cas du meurtre,
se transf&#xe8;re sur la relation entre &#xab; soi &#xbb;
et &#xab; soi &#xbb;, caract&#xe9;risant le
&#xab; suicide &#xbb;, via la n&#xe9;cessit&#xe9; du
renforcement du contr&#xf4;le de l&apos;&#xe9;tat sur l&apos;individu pour
le soumettre &#xe0; ses fins : ainsi, la relation entre &#xab; soi &#xbb;
et &#xab; soi &#xbb; devient une distinction entre
&#xab; soi &#xbb; et &#xab; l&apos;&#xe9;tat &#xbb;,
ce qui signifie une distinction entre &#xab; soi &#xbb;
et &#xab; l&apos;autre &#xbb;, la seconde partie, qu&apos;il s&apos;agit
de sauvegarder, de prot&#xe9;ger et de d&#xe9;fendre, primant
alors sur la premi&#xe8;re. S&apos;il est question, dans un tel
contexte, de prot&#xe9;ger et de d&#xe9;fendre &#xab; l&apos;&#xe9;tat &#xbb;
contre le &#xab; soi &#xbb;, cela signifie alors que ce
dernier devient punissable par le pouvoir, et, puisque, comme nous
l&apos;avons vu plus haut, la notion de &#xab; volont&#xe9;
individuelle &#xbb; n&apos;avait pas encore cours, alors cela
signifie que la connaissance du &#xab; soi &#xbb; n&apos;est
accessible que par une volont&#xe9; de punir : ainsi, le &#xab; soi &#xbb;
est d&apos;abord appr&#xe9;hend&#xe9; du point de vue de la m&#xe9;fiance
et de la culpabilit&#xe9;, comme la chose qui, potentiellement,
peut priver l&apos;&#xe9;tat d&apos;un moyen d&apos;action.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Comment
le christianisme, originellement muet sur le &#xab; suicide &#xbb;,
a-t-il pu d&#xe9;velopper un autre discours, contredisant les
pr&#xe9;c&#xe9;dentes lois romaines et faisant violence aux
textes de r&#xe9;f&#xe9;rences ? En se basant sur quels principes ?&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; Le
ma&#xee;tre-mot du suicide m&#xe9;di&#xe9;val &#xe9;tait &#xab;
d&#xe9;sespoir &#xbb;. Ce mot s&apos;est conserv&#xe9; jusqu&apos;&#xe0;
aujourd&apos;hui dans notre langue : pour parler d&apos;un suicid&#xe9; nous
parlons toujours d&apos;un d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;, mais le
d&#xe9;sespoir d&#xe9;signe pour nous un &#xe9;tat
psychologique. Rien de comparable au Moyen Age : la Desperatio
n&apos;&#xe9;tait ni un sentiment, ni un &#xe9;tat psychique, mais un
Vice, le doute de la mis&#xe9;ricorde divine, la conviction de ne
pouvoir &#xea;tre sauv&#xe9;, voire d&#xe9;j&#xe0; le p&#xe9;ch&#xe9;
mortel en acte puisque la &#xab; d&#xe9;sesp&#xe9;rance &#xbb;
pouvait d&#xe9;signer aussi bien la cause imm&#xe9;diate du
suicide que le suicide lui-m&#xea;me. A en juger par les actes de la
pratique, le suicide apparaissait bien comme la victoire du diable,
dont les tentations s&apos;&#xe9;taient insinu&#xe9;es dans l&apos;&#xe2;me
au d&#xe9;faut de &#xab; l&apos;esp&#xe9;rance &#xbb;. La &#xab;
temptation de l&apos;ennemi &#xbb; n&apos;&#xe9;tait pas une simple formule
: pour celui qui allait se suicider, le diable &#xe9;tait
mat&#xe9;riellement pr&#xe9;sent, guidant sa main ou le poussant
dans le puits. &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote38anc&quot; href=&quot;#sdfootnote38sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;38&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;	Cet
extrait nous donne un aper&#xe7;u du discours final mis en place
par le christianisme, o&#xf9; nous assistons &#xe0; la
diabolisation pure et simple de cette partie potentiellement rebelle
&#xe0; l&apos;&#xe9;tat. &lt;/font&gt;Si Augustin adopte face au &#xab; suicide &#xbb;
une posture de d&#xe9;n&#xe9;gation essentiellement morale, les
racines de son argumentation se trouvent chez Platon et se fondent
sur un &#xab; droit de propri&#xe9;t&#xe9; &#xbb;
selon lequel l&apos;individu ne s&apos;appartient pas mais appartient d&apos;abord &#xe0;
la Cit&#xe9; – ce &#xab; droit de propri&#xe9;t&#xe9; &#xbb;,
similaire &#xe0; la tutelle de l&apos;&#xe9;tat sur l&apos;individu, va
ensuite &#xea;tre d&#xe9;velopp&#xe9; de mani&#xe8;re plus
concise par Thomas d&apos;Aquin, reprenant l&apos;interpr&#xe9;tation que
fait Augustin du cinqui&#xe8;me commandement, dans sa &lt;em&gt;Somme
Th&#xe9;ologique&lt;/em&gt; (II, II, question 64, article 5 ; nous
remarquerons que la question 64 traite de &#xab; l&apos;homicide &#xbb;),
o&#xf9; il triple la d&#xe9;possession de l&apos;homme par la nature,
par la soci&#xe9;t&#xe9; et par Dieu : l&apos;homme n&apos;est pas son
propre ma&#xee;tre ce qui implique surtout que &#xab; nul
n&apos;est juge de soi-m&#xea;me &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote39anc&quot; href=&quot;#sdfootnote39sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;39&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.
Mais en ce cas, comment est-il possible d&apos;expliquer le &#xab; suicide &#xbb;
lorsqu&apos;il a lieu ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	Puisqu&apos;il
n&apos;est pas permis de douter de la bont&#xe9; du Cr&#xe9;ateur et
qu&apos;&#xe0; partir du XI&#xe8;me si&#xe8;cle &#xab; aveu,
sentence et pardon sont r&#xe9;unis &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote40anc&quot; href=&quot;#sdfootnote40sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;40&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
dans la confession, prot&#xe9;geant infailliblement de la
&#xab; Desperatio &#xbb;, alors il n&apos;est tout simplement
pas envisageable qu&apos;une personne saine d&apos;esprit puisse se
&#xab; suicider &#xbb; – nous sommes maintenant aux
antipodes du &#xab; suicide philosophique &#xbb; pr&#xf4;n&#xe9;
par les sto&#xef;ciens romains. C&apos;est ainsi que le &#xab; suicide &#xbb;
se retrouve class&#xe9; dans les cat&#xe9;gories de la folie et
du diabolisme, n&#xe9;anmoins, il ne faut pas oublier que ces
cat&#xe9;gories d&#xe9;signent d&apos;abord ce qui prive l&apos;&#xe9;tat
d&apos;un moyen d&apos;action : si l&apos;individu se trouve d&#xe9;poss&#xe9;d&#xe9;
de lui-m&#xea;me (c&apos;est-&#xe0;-dire de sa raison et de son bon
sens), en &#xe9;tant manipul&#xe9; par le Diable ou bien en &#xe9;tant
en proie &#xe0; la folie, c&apos;est avant tout parce que c&apos;est l&apos;&#xe9;tat
qui se trouve d&#xe9;poss&#xe9;d&#xe9; d&apos;un individu, c&apos;est ce
qu&apos;il consid&#xe8;re comme sa &#xab; propri&#xe9;t&#xe9; &#xbb;
qui est viol&#xe9;. L&#xe0; se trouve une des principales
matrices qui ont fait na&#xee;tre l&apos;interpr&#xe9;tation fauss&#xe9;e
des textes bibliques par Augustin (si Thomas d&apos;Aquin l&apos;a
syst&#xe9;matis&#xe9;e, il ne s&apos;appuie gu&#xe8;re sur autre
chose que les autorit&#xe9;s d&apos;Augustin et d&apos;Aristote, non sur les
textes bibliques ou l&apos;argumentation philosophique – ainsi que l&apos;ont
bien compris John Donne ou encore David Hume, ainsi que nous le
verrons). Il convient aussi de remarquer que, que ce soit dans le cas
de la manipulation diabolique ou dans celui de la folie, le
&#xab; suicid&#xe9; &#xbb; n&apos;appartient plus
v&#xe9;ritablement &#xe0; l&apos;humanit&#xe9; – compris dans le
sens tr&#xe8;s simple de l&apos;ensemble des hommes sans exception –,
il en est &#xe9;cart&#xe9;, et c&apos;est &#xe0; la seule condition
de ne pas remettre en cause ce principe que le discours autour du
&#xab; suicide &#xbb;, au Moyen &#xc2;ge, qui est une
p&#xe9;riode fortement chr&#xe9;tienne&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote41anc&quot; href=&quot;#sdfootnote41sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;41&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
est accept&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&#xab; La
vie est ha&#xef;ssable, mais il faut la supporter ; la mort est
souhaitable, mais il ne faut pas se la donner : tel est le difficile
exercice sur lequel doit reposer la vie chr&#xe9;tienne. Les
enseignements essentiels, tels qu&apos;on les trouve dans le Nouveau
Testament et tels qu&apos;ils seront d&#xe9;velopp&#xe9;s par les
courants de spiritualit&#xe9;, cr&#xe9;ent un contexte qui
pr&#xe9;dispose &#xe0; la mort volontaire. Il faudra toute
l&apos;habilet&#xe9; th&#xe9;ologique des penseurs chr&#xe9;tiens,
appuy&#xe9;e sur des mesures canoniques dissuasives, pour cr&#xe9;er
une morale affirmant l&apos;interdiction du suicide &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote42anc&quot; href=&quot;#sdfootnote42sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;42&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;	Ces
contradictions prendront forme, une fois encore, avec Augustin,
barricadant la porte d&apos;acc&#xe8;s – le &#xab; suicide &#xbb;
– &#xe0; un monde meilleur pour clo&#xee;trer le fid&#xe8;le
dans un monde de souffrance&lt;/font&gt;. La dissuasion morale, traduite
judiciairement, autour du &#xab; suicide &#xbb; qui s&apos;en
suivit, parfaitement repr&#xe9;sent&#xe9;e par Dante dans &lt;em&gt;La&lt;/em&gt;
&lt;font&gt;&lt;em&gt;Divine Com&#xe9;die&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;
&#xe0; propos de Pierre Della Vigna&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote43anc&quot; href=&quot;#sdfootnote43sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;43&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
donne raison &#xe0; Zupancic lorsqu&apos;elle d&#xe9;clare que les
&#xab; suicid&#xe9;s &#xbb; deviennent &lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&#xab;
des &#xab; spectres &#xbb; dont la damnation ultime est
paradoxalement celle de ne pouvoir jamais vraiment mourir &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote44anc&quot; href=&quot;#sdfootnote44sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;44&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;.
N&#xe9;anmoins, si le &#xab; suicid&#xe9; &#xbb; ne
peut &#xab; jamais vraiment mourir &#xbb;, il serait tout
aussi l&#xe9;gitime de se demander si le &#xab; vivant &#xbb;
peut jamais vraiment vivre au milieu d&apos;un monde qu&apos;on lui d&#xe9;crit
comme hostile, violent et imparfait, surplomb&#xe9; par un autre
qui le d&#xe9;passe en tous points mais qui lui est interdit – un
tel num&#xe9;ro d&apos;&#xe9;quilibriste n&apos;est-il pas &#xe9;prouvant
pour les nerfs ? Cette &#xab; spiritualit&#xe9; de
l&apos;an&#xe9;antissement &#xbb; dont parle Minois, n&apos;aurait-elle
effectivement pas un profond rapport avec un &#xab; bouleversement
du syst&#xe8;me nerveux &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote45anc&quot; href=&quot;#sdfootnote45sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;45&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
d&#xfb; &#xe0; l&apos;interdiction du &#xab; suicide &#xbb;
? &lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;	C&apos;est
&#xe9;galement pour cimenter ces contradictions et emp&#xea;cher
qu&apos;elles n&apos;explosent que l&apos;Eglise va prolonger son &#xab; oeuvre
de fixation &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote46anc&quot; href=&quot;#sdfootnote46sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;46&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
en conf&#xe9;rant certes &#xab; au suicide un caract&#xe8;re
infamant &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote47anc&quot; href=&quot;#sdfootnote47sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;47&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,
mais surtout en lui d&#xe9;niant toute qualit&#xe9; interrogative
: le &#xab; suicide &#xbb; ne fait plus probl&#xe8;me,
il est r&#xe9;solu – c&apos;est l&apos;acte d&apos;un &#xea;tre qui transgresse
les lois par &#xe9;go&#xef;sme, l&#xe2;chet&#xe9; et faiblesse,
la consid&#xe9;ration du pourquoi n&apos;en reste pas seulement &#xe0;
la morale, elle fait du &#xab; suicide &#xbb; l&apos;arch&#xe9;type
du p&#xe9;ch&#xe9;, l&apos;acte en lui-m&#xea;me porte un seul sens.
Une telle radicalit&#xe9; va se transposer sur la r&#xe9;alit&#xe9;
sociale, &#xab; en plus de mille ans, aucun suicid&#xe9;
c&#xe9;l&#xe8;bre &#xbb;&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote48anc&quot; href=&quot;#sdfootnote48sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;48&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;
remarque Minois, ce sont les couches sociales du Tiers-Etat qui
supportent la marque de l&apos;inf&#xe2;mie du &#xab; suicide &#xbb;
l&#xe0; o&#xf9; la noblesse et le clerg&#xe9; ont les moyens de
dissimuler leur &#xab; suicide &#xbb; ou bien d&apos;acc&#xe9;der
&#xe0; des conduites de substitution (tournois, chasse...) – le
discours autour du &#xab; suicide &#xbb; se teinte alors
fortement de domination sociale et les penseurs de Renaissance auront
fort &#xe0; faire pour r&#xe9;ussir &#xe0; &#xe9;clater non
seulement les contradictions internes du catholicisme mais aussi pour
remettre en cause les &lt;em&gt;a-priori&lt;/em&gt; sociaux qu&apos;il aura amen&#xe9;
avec lui.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;sdfootnote&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;#sdfootnote1anc&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;#sdfootnote1anc&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;1&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt; - GUILLON
(Claude), LE BONNIEC (Yvan) ; &lt;em&gt;Suicide, mode d&apos;emploi, histoire,
technique, actualit&#xe9;&lt;/em&gt; ; Paris, Alain Moreau, 1982 ; 288 p.
; page 41.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote2sym&quot; href=&quot;#sdfootnote2anc&quot;&gt;2&lt;/a&gt; - &#xab; L&apos;association
am&#xe9;ricaine de psychiatrie n&apos;a jamais formellement d&#xe9;clar&#xe9;
que le licenciement &#xe9;tait dangereux pour la sant&#xe9;
[incluant le suicide]. [...] elle cherche plut&#xf4;t &#xe0;
favoriser une prise en charge m&#xe9;dicalis&#xe9;e des
victimes. &#xbb; ; UCHITELLE (Louis) ; encart &lt;em&gt;Le co&#xfb;t
psychique du licenciement &lt;/em&gt;au sein de l&apos;article &lt;em&gt;Travail,
ch&#xf4;mage, le temps du m&#xe9;pris&lt;/em&gt; in &lt;em&gt;Le monde
diplomatique&lt;/em&gt; ;&amp;nbsp; Paris, Octobre 2007 ; 32 p. ; page 27.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote3sym&quot; href=&quot;#sdfootnote3anc&quot;&gt;3&lt;/a&gt; - &#xab; L’&#xe9;cole
tue, sans doute, et au Japon plus qu’en France [...]. Les
autorit&#xe9;s pensent qu’on peut voir dans ce syst&#xe8;me
l’origine d’une augmentation (tout aussi immensurable
qu’ailleurs) du taux de suicide chez les jeunes. Les autorit&#xe9;s
annoncent-elles la fin de l’&#xe9;cole ? Non, on met sur
pied des consultations psychologiques &#xbb; ; GUILLON
(Claude), LE BONNIEC (Yvan) ; &lt;em&gt;Suicide, mode d&apos;emploi, histoire,
technique, actualit&#xe9;&lt;/em&gt; ; Paris, Alain Moreau, 1982 ; 288 p.
; page 27.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote4sym&quot; href=&quot;#sdfootnote4anc&quot;&gt;4&lt;/a&gt; - KROMICHEFF
(Emmanuel) ; &lt;em&gt;Peut-on avoir raison de se tuer ? R&#xe9;flexion
sur le sens du passage &#xe0; l&apos;acte&lt;/em&gt; ; Conf&#xe9;rence
donn&#xe9;e le 20/10/2000 dans le cadre du Programme R&#xe9;gional
de Sant&#xe9; de Bourgogne 1998-2002 ;
http://www.creaibourgogne.org/04/archives/2000/199-12-1.htm?sujet=document.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote5sym&quot; href=&quot;#sdfootnote5anc&quot;&gt;5&lt;/a&gt; - GUIRLINGER
(Lucien) ; &lt;em&gt;Le suicide et la mort libre&lt;/em&gt; ; Mayenne, Pleins
Feux, 2000 ; 64 p. ; page 8.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote6sym&quot; href=&quot;#sdfootnote6anc&quot;&gt;6&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 215.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote7sym&quot; href=&quot;#sdfootnote7anc&quot;&gt;7&lt;/a&gt; - SCHMITT
(Jean-Claude) ; &lt;em&gt;Le suicide au Moyen &#xc2;ge&lt;/em&gt; ; Annales ESC,
janvier-f&#xe9;vrier 1976 ; p. 5&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote8sym&quot; href=&quot;#sdfootnote8anc&quot;&gt;8&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 214.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote9sym&quot; href=&quot;#sdfootnote9anc&quot;&gt;9&lt;/a&gt; - SHAKESPEARE
(William) ; &lt;em&gt;Hamlet&lt;/em&gt; ;
http://www.artofeurope.com/shakespeare/sha8.htm.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote10sym&quot; href=&quot;#sdfootnote10anc&quot;&gt;10&lt;/a&gt; - ARTAUD
(Antonin) ; R&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; compl&#xe9;ter.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote11sym&quot; href=&quot;#sdfootnote11anc&quot;&gt;11&lt;/a&gt; - PLATON
; &lt;em&gt;Ph&#xe9;don&lt;/em&gt; ; Paris, Le livre de poche, 1992 ; 352 pages
; p. 218.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote12sym&quot; href=&quot;#sdfootnote12anc&quot;&gt;12&lt;/a&gt; - PLATON
; &lt;em&gt;Les lois&lt;/em&gt;, IX, 873, c.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote13sym&quot; href=&quot;#sdfootnote13anc&quot;&gt;13&lt;/a&gt; - SCHOPENHAUER
(Arthur) ; &lt;em&gt;Le monde comme volont&#xe9; et comme repr&#xe9;sentation&lt;/em&gt;
; Paris, PUF, 2003 ; 1444 p. ; page 499.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote14sym&quot; href=&quot;#sdfootnote14anc&quot;&gt;14&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 194.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote15sym&quot; href=&quot;#sdfootnote15anc&quot;&gt;15&lt;/a&gt; - ALVAREZ
(Alfredo) ; &lt;em&gt;Le dieu sauvage, Essai sur le suicide&lt;/em&gt; ; Mercure
de France, 1972 ; 352 p. ; page 181&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote16sym&quot; href=&quot;#sdfootnote16anc&quot;&gt;16&lt;/a&gt; - WITTGENSTEIN
(Ludwig) ; R&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; compl&#xe9;ter.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote17sym&quot; href=&quot;#sdfootnote17anc&quot;&gt;17&lt;/a&gt; - WITTGENSTEIN
(Ludwig) ; R&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; compl&#xe9;ter.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote18sym&quot; href=&quot;#sdfootnote18anc&quot;&gt;18&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 111.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote19sym&quot; href=&quot;#sdfootnote19anc&quot;&gt;19&lt;/a&gt; - MONTAIGNE
(Michel de) ; &lt;em&gt;Les Essais&lt;/em&gt; ; Paris, PUF, 2004 ; 1446 p. ; page
804.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote20sym&quot; href=&quot;#sdfootnote20anc&quot;&gt;20&lt;/a&gt; - CORTINOVIS
(Odile) ; &lt;em&gt;Le corps de cette mort (notes sur le suicide)&lt;/em&gt; in la
revue &lt;em&gt;Lampe-temp&#xea;te&lt;/em&gt; ; 2006 ;
http://lampe-tempete.fr/corpsdecettemort.html&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote21sym&quot; href=&quot;#sdfootnote21anc&quot;&gt;21&lt;/a&gt; - CAMUS
(Albert) ; &lt;em&gt;Le mythe de Sisyphe&lt;/em&gt; ; Saint-Amand, Gallimard, 1942
; 192 p. ; page 15.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote22sym&quot; href=&quot;#sdfootnote22anc&quot;&gt;22&lt;/a&gt; - &#xab; Je
tire ainsi de l&apos;absurde trois cons&#xe9;quences qui sont ma
r&#xe9;volte, ma libert&#xe9; et ma passion. Par le seul jeu de
la conscience, je transforme en r&#xe8;gle de vie ce qui &#xe9;tait
invitation &#xe0; la mort – et je refuse le suicide. &#xbb;
; Ibid. ; page 89.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote23sym&quot; href=&quot;#sdfootnote23anc&quot;&gt;23&lt;/a&gt; - NIETZSCHE
(Friedrich) ; &lt;em&gt;Par-del&#xe0; bien et mal &lt;/em&gt;; Paris, GF
Flammarion, 2000 ; 400 p. ; page 65.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote24sym&quot; href=&quot;#sdfootnote24anc&quot;&gt;24&lt;/a&gt; - CIORAN
(Emile) ; R&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; compl&#xe9;ter.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote25sym&quot; href=&quot;#sdfootnote25anc&quot;&gt;25&lt;/a&gt; - ALVAREZ
(Alfredo) ; &lt;em&gt;Le dieu sauvage, Essai sur le suicide&lt;/em&gt; ; Mercure
de France, 1972 ; 352 p. ; page 128. Alvarez cite en partie
Binswanger qui, bien que sa prose reste obscure, reconna&#xee;t que
le &#xab; suicide &#xbb; d&apos;Ellen West &#xab; &#xe9;tait
l&apos;accomplissement n&#xe9;cessaire du sens de la vie dans cette
existence &#xbb;, elle en &#xe9;tait m&#xea;me heureuse –
la prose confuse de Binswanger retraduit l&apos;embarras devant ce
&#xab; suicide &#xbb; qu&apos;il n&apos;a pas r&#xe9;ussit &#xe0;
&#xe9;viter mais qui, en plus, sembla &#xea;tre l&apos;aboutissement
et la r&#xe9;ussite de son traitement.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote26sym&quot; href=&quot;#sdfootnote26anc&quot;&gt;26&lt;/a&gt; - &#xab; ...
juste avant de se suicider, [Ellen West] paraissait calme et
heureuse, pour la premi&#xe8;re fois peut-&#xea;tre &#xbb;
; Ibid.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote27sym&quot; href=&quot;#sdfootnote27anc&quot;&gt;27&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 44.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote28sym&quot; href=&quot;#sdfootnote28anc&quot;&gt;28&lt;/a&gt; - &#xab; Jamais
ne s&apos;exprimait la honte de compter un criminel – f&#xfb;t-il
homicide de lui-m&#xea;me – dans la famille, mais, toujours,
celle de devoir endurer, &#xe0; travers le village ou la ville, de
la maison aux fourches, un rituel de la justice associant
n&#xe9;cessairement &#xe0; son d&#xe9;roulement tous les
habitants et surtout les voisins... &#xbb; ; SCHMITT
(Jean-Claude) ; &lt;em&gt;Le suicide au Moyen &#xc2;ge&lt;/em&gt; ; Annales ESC,
janvier-f&#xe9;vrier 1976 ; p. 11.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote29sym&quot; href=&quot;#sdfootnote29anc&quot;&gt;29&lt;/a&gt; - GUILLON
(Claude), LE BONNIEC (Yvan) ; &lt;em&gt;Suicide, mode d&apos;emploi, histoire,
technique, actualit&#xe9;&lt;/em&gt; ; Paris, Alain Moreau, 1982 ; 288 p.
; page 67.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote30sym&quot; href=&quot;#sdfootnote30anc&quot;&gt;30&lt;/a&gt; - &#xab; ...
le droit a visiblement assimil&#xe9; des pratiques superstitieuses
tr&#xe8;s anciennes visant&amp;nbsp; &#xe0; emp&#xea;cher les suicid&#xe9;s
de revenir importuner les vivants &#xbb; ; MINOIS (Georges) ;
&lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9; occidentale face &#xe0;
la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard, 1995 ; 432 p. ; page 46.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote31sym&quot; href=&quot;#sdfootnote31anc&quot;&gt;31&lt;/a&gt; - ALVAREZ
(Alfredo) ; &lt;em&gt;Le dieu sauvage, Essai sur le suicide&lt;/em&gt; ; Mercure
de France, 1972 ; 352 p. ; page 77.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote32sym&quot; href=&quot;#sdfootnote32anc&quot;&gt;32&lt;/a&gt; - Ibid.
; page 75.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote33sym&quot; href=&quot;#sdfootnote33anc&quot;&gt;33&lt;/a&gt; - Les
r&#xe9;f&#xe9;rences ne manquent pas, citons par exemple :
&#xab; L’&#xc9;glise prie pour les personnes qui ont
attent&#xe9; &#xe0; leur vie. &#xbb; ; &lt;em&gt;Cat&#xe9;chisme
de l&apos;Eglise Catholique&lt;/em&gt; ;
http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P7U.HTM&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote34sym&quot; href=&quot;#sdfootnote34anc&quot;&gt;34&lt;/a&gt; - ROUSSEAU
(Jean-Jacques) ; &lt;em&gt;La nouvelle H&#xe9;lo&#xef;se&lt;/em&gt; ; Paris,
Garnier-Flammarion, 1967 ; 614 p. ; page 284.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote35sym&quot; href=&quot;#sdfootnote35anc&quot;&gt;35&lt;/a&gt; - SCHOPENHAUER
(Arthur) ; &lt;em&gt;Parerga &amp;amp; Paralipomena&lt;/em&gt; ; Tanger, PUF, 2005 ;
952 p. ; page 656.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote36sym&quot; href=&quot;#sdfootnote36anc&quot;&gt;36&lt;/a&gt; - ALVAREZ
(Alfredo) ; &lt;em&gt;Le dieu sauvage, Essai sur le suicide&lt;/em&gt; ; Mercure
de France, 1972 ; 352 p. ; page 91.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote37sym&quot; href=&quot;#sdfootnote37anc&quot;&gt;37&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 40.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote38sym&quot; href=&quot;#sdfootnote38anc&quot;&gt;38&lt;/a&gt; - SCHMITT
(Jean-Claude) ; &lt;em&gt;Le suicide au Moyen &#xc2;ge&lt;/em&gt; ; Annales ESC,
janvier-f&#xe9;vrier 1976 ; p. 5.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote39sym&quot; href=&quot;#sdfootnote39anc&quot;&gt;39&lt;/a&gt; - AQUIN
(Thomas d&apos;) ; &lt;em&gt;Somme Th&#xe9;ologique&lt;/em&gt; ; Cerf, 1999 ; 1133
pages ; p. 442.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote40sym&quot; href=&quot;#sdfootnote40anc&quot;&gt;40&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 46.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote41sym&quot; href=&quot;#sdfootnote41anc&quot;&gt;41&lt;/a&gt; - &#xab; Etablie
fermement &#xe0; partir de l&apos;&#xe9;poque barbare, et mise en
forme par les scolastiques du Moyen &#xc2;ge classique,
l&apos;interdiction absolue du suicide finit par s&apos;int&#xe9;grer dans
les structures fondamentales de la pens&#xe9;e chr&#xe9;tienne &#xbb;
; MINOIS (Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 71.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote42sym&quot; href=&quot;#sdfootnote42anc&quot;&gt;42&lt;/a&gt; - Ibid.
; page 36.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote43sym&quot; href=&quot;#sdfootnote43anc&quot;&gt;43&lt;/a&gt; - &#xab;
l&apos;&#xe2;me s&apos;arrache violemment &#xe0; son corps, elle est jet&#xe9;e
au hasard par Minos dans le terrible bois, o&#xf9; elle germe
comme un grain de bl&#xe9; et devient finalement un arbre &#xe9;pineux.
Puis les harpies font leurs nids dans ses branches et tirent sur les
feuilles, r&#xe9;p&#xe9;tant sans cesse la violence que l&apos;&#xe2;me
s&apos;est inflig&#xe9;e. Au Jour du Jugement, lorsque les &#xe2;mes
et les corps seront r&#xe9;unis, les corps des suicid&#xe9;s
pendront aux branches de ces arbres, puisque la justice divine
refusera d&#xe9;sormais &#xe0; leurs propri&#xe9;taires le
corps qu&apos;ils ont volontairement rejet&#xe9; &#xbb; ; ALVAREZ
(Alfredo) ; &lt;em&gt;Le dieu sauvage, Essai sur le suicide&lt;/em&gt; ; Mercure
de France, 1972 ; p. 176&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote44sym&quot; href=&quot;#sdfootnote44anc&quot;&gt;44&lt;/a&gt; - ZUPANCIC
(Alenka) ; &lt;em&gt;L&apos;antinomie du vice et du suicide&lt;/em&gt; in &lt;em&gt;Clinique
du suicide&lt;/em&gt; ; Paris, Eres, 2004 ; 304 p. ; page 195.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote45sym&quot; href=&quot;#sdfootnote45anc&quot;&gt;45&lt;/a&gt; - NIETZSCHE
(Friedrich) ; &lt;em&gt;La g&#xe9;n&#xe9;alogie de la morale &lt;/em&gt;;
Paris, NRF Gallimard, 1969 ; 256 p. ; &lt;em&gt;Troisi&#xe8;me
dissertation, &lt;/em&gt;&lt;font style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;paragraphe 21.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote46sym&quot; href=&quot;#sdfootnote46anc&quot;&gt;46&lt;/a&gt; - MINOIS
(Georges) ; &lt;em&gt;Histoire du suicide. La soci&#xe9;t&#xe9;
occidentale face &#xe0; la mort volontaire&lt;/em&gt; ; Paris, Fayard,
1995 ; 432 p. ; page 43.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote47sym&quot; href=&quot;#sdfootnote47anc&quot;&gt;47&lt;/a&gt; - Ibid.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; size=&quot;1&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote48sym&quot; href=&quot;#sdfootnote48anc&quot;&gt;48&lt;/a&gt; - Ibid.
; page 19.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Sat, 15 Mar 2008 11:56:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le personnage d&apos;H&#xe9;g&#xe9;sias</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/14/8321559.html</link><category>A voir, &#xe0; lire, &#xe0; &#xe9;couter...</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/14/8321559.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8321559/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/14/8321559.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&amp;quot;H&#xe9;g&#xe9;sias de
Cyr&#xe8;ne, l&apos;un des ma&#xee;tres les plus fameux de l&apos;&#xe9;cole
des Cyr&#xe9;na&#xef;ques, avait &#xe9;crit un ouvrage intitul&#xe9;
l&apos;&lt;em&gt;Abstinent &lt;/em&gt;(Apoxarteron) dans lequel le h&#xe9;ros se privait de
nourriture pour en finir avec la vie, apr&#xe8;s avoir &#xe9;num&#xe9;r&#xe9;
&#xe0; ses amis, qui voulaient l&apos;en emp&#xea;cher, toutes les
mis&#xe8;res de l&apos;existence (Cic. &lt;em&gt;Tusc&lt;/em&gt;., I, XXXIV, 84). Cette
apologie pessimiste du suicide valut &#xe0; son auteur le surnom de
&#xab; Pisithanate &#xbb; ou &#xab; Conseiller de
la mort &#xbb; (D.L., II, 86 ; trad. Garnier-Flammarion, I, p.
134) que l&apos;&#xe9;loquence de ses discours en la mati&#xe8;re
contribua &#xe0; justifier. D&#xe9;montrant que la vie qui vaut
la mort n&apos;est pas plus d&#xe9;sirable que celle-ci, qui lui est
m&#xea;me pr&#xe9;f&#xe9;rable quand on est las de vivre,
H&#xe9;g&#xe9;sias mit tant d&apos;ardeur et d&apos;&#xe9;nergie &#xe0;
soutenir cette th&#xe9;orie que plus d&apos;un auditeur se donna la mort
au sortir de ses le&#xe7;ons. Le succ&#xe8;s insolite de
l&apos;orateur fut si grand que le roi Ptol&#xe9;m&#xe9;e s&apos;en &#xe9;mut
et interdit au philosophe de discourir d&#xe9;sormais sur ce sujet
(Cic., &lt;em&gt;Tusc&lt;/em&gt;, I, XXXIV, 83 ; V. &lt;em&gt;Max&lt;/em&gt;., VIII, IX ext., 3 ; Plut., &lt;em&gt;Amor&lt;/em&gt;.
&lt;em&gt;Prol&lt;/em&gt;., 417 d).&amp;quot; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;(Grise, &lt;em&gt;Le suicide dans la Rome antique&lt;/em&gt;, page 56).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Fri, 14 Mar 2008 14:47:00 GMT</pubDate></item><item><title>Ixtab, d&#xe9;esse du suicide</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/11/8283579.html</link><category>A voir, &#xe0; lire, &#xe0; &#xe9;couter...</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/11/8283579.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8283579/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/11/8283579.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;150&quot; height=&quot;257&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;150px_Ixtab&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/31/78/305903/23118722.gif&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ixtab&quot;&gt;Ixtab.&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 11 Mar 2008 15:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>Montesquieu - Lettres Persanes LXXVI et LXXVII</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/07/8229997.html</link><category>Suicide et philosophie</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/07/8229997.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8229997/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/07/8229997.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl&gt;&lt;dd&gt;
&lt;dl&gt;&lt;dd&gt;&lt;em&gt;Usbek &#xe0; son ami Ibben, &#xe0; Smyrne.&lt;/em&gt;&lt;/dd&gt;&lt;/dl&gt;
&lt;/dd&gt;&lt;/dl&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les lois sont furieuses en Europe contre ceux qui se tuent
eux-m&#xea;mes : on les fait mourir, pour ainsi dire, une seconde fois ; ils
sont tra&#xee;n&#xe9;s indignement par les rues ; on les note d&apos;infamie ; on
confisque leurs biens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il me para&#xee;t, Ibben, que ces lois sont bien injustes. Quand je suis
accabl&#xe9; de douleur, de mis&#xe8;re, de m&#xe9;pris, pourquoi veut-on m&apos;emp&#xea;cher
de mettre fin &#xe0; mes peines, et me priver cruellement d&apos;un rem&#xe8;de qui
est en mes mains ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourquoi veut-on que je travaille pour une soci&#xe9;t&#xe9;, dont je consens
de n&apos;&#xea;tre plus ? que je tienne, malgr&#xe9; moi, une convention qui s&apos;est
faite sans moi ? La soci&#xe9;t&#xe9; est fond&#xe9;e sur un avantage mutuel. Mais
lorsqu&apos;elle me devient on&#xe9;reuse, qui m&apos;emp&#xea;che d&apos;y renoncer ? La vie m&apos;a
&#xe9;t&#xe9; donn&#xe9;e comme une faveur ; je puis donc la rendre lorsqu&apos;elle ne
l&apos;est plus : la cause cesse ; l&apos;effet doit donc cesser aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le prince veut-il que je sois son sujet, quand je ne retire point
les avantages de la suj&#xe9;tion ? Mes concitoyens peuvent-ils demander ce
partage inique de leur utilit&#xe9; et de mon d&#xe9;sespoir ? Dieu, diff&#xe9;rent de
tous les bienfaiteurs, veut-il me condamner &#xe0; recevoir des gr&#xe2;ces qui
m&apos;accablent ? &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis oblig&#xe9; de suivre les lois, quand je vis sous les lois. Mais, quand je n&apos;y vis plus, peuvent-elles me lier encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais, dira-t-on, vous troublez l&apos;ordre de la Providence. Dieu a uni
votre &#xe2;me avec votre corps, et vous l&apos;en s&#xe9;parez. Vous vous opposez
donc &#xe0; ses desseins, et vous lui r&#xe9;sistez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que veut dire cela ? Troubl&#xe9;-je l&apos;ordre de la Providence, lorsque je
change les modifications de la mati&#xe8;re et que je rends carr&#xe9;e une boule
que les premi&#xe8;res lois du mouvement, c&apos;est-&#xe0;-dire les lois de la
cr&#xe9;ation et de la conservation, avaient faite ronde ? Non, sans doute :
je ne fais qu&apos;user du droit qui m&apos;a &#xe9;t&#xe9; donn&#xe9;, et, en ce sens, je puis
troubler &#xe0; ma fantaisie toute la nature, sans que l&apos;on puisse dire que
je m&apos;oppose &#xe0; la Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque mon &#xe2;me sera s&#xe9;par&#xe9;e de mon corps, y aura-t-il moins d&apos;ordre
et moins d&apos;arrangement dans l&apos;univers ? Croyez-vous que cette nouvelle
combinaison soit moins parfaite et moins d&#xe9;pendante des lois g&#xe9;n&#xe9;rales ?
que le monde y ait perdu quelque chose ? et que les ouvrages de Dieu
soient moins grands, ou plut&#xf4;t moins immenses ? &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pensez-vous que mon corps, devenu un &#xe9;pi de bl&#xe9;, un ver, un gazon,
soit chang&#xe9; en un ouvrage de la nature moins digne d&apos;elle ? et que mon
&#xe2;me, d&#xe9;gag&#xe9;e de tout ce qu&apos;elle avait de terrestre, soit devenue moins
sublime ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toutes ces id&#xe9;es, mon cher Ibben, n&apos;ont d&apos;autre source que notre
orgueil: nous ne sentons point notre petitesse, et, malgr&#xe9; qu&apos;on en
ait, nous voulons &#xea;tre compt&#xe9;s dans l&apos;univers, y figurer, et y &#xea;tre un
objet important. Nous nous imaginons que l&apos;an&#xe9;antissement d&apos;un &#xea;tre
aussi parfait que nous d&#xe9;graderait toute la nature, et nous ne
concevons pas qu&apos;un homme de plus ou de moins dans le monde - que
dis-je ? - tous les hommes ensemble, cent millions de t&#xea;tes comme la
n&#xf4;tre, ne sont qu&apos;un atome subtil et d&#xe9;li&#xe9;, que Dieu n&apos;aper&#xe7;oit qu&apos;&#xe0;
cause de l&apos;immensit&#xe9; de ses connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;em&gt;De Paris, le 15 de la lune de Saphar 1715.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;-----------------&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl&gt;&lt;dd&gt;
&lt;dl&gt;&lt;dd&gt;&lt;em&gt;Ibben &#xe0; Usbek, &#xe0; Paris.&lt;/em&gt;&lt;/dd&gt;&lt;/dl&gt;
&lt;/dd&gt;&lt;/dl&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon cher Usbek, il me semble que, pour un vrai musulman, les
malheurs sont moins des ch&#xe2;timents que des menaces. Ce sont des jours
bien pr&#xe9;cieux que ceux qui nous portent &#xe0; expier les offenses. C&apos;est le
temps des prosp&#xe9;rit&#xe9;s qu&apos;il faudrait abr&#xe9;ger. Que servent toutes ces
impatiences, qu&apos;&#xe0; faire voir que nous voudrions &#xea;tre heureux
ind&#xe9;pendamment de celui qui donne les f&#xe9;licit&#xe9;s parce qu&apos;il est la
f&#xe9;licit&#xe9; m&#xea;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si un &#xea;tre est compos&#xe9; de deux &#xea;tres, et que la n&#xe9;cessit&#xe9; de
conserver l&apos;union marque plus la soumission aux ordres du cr&#xe9;ateur, on
en a pu faire une loi religieuse. Si cette n&#xe9;cessit&#xe9; de conserver
l&apos;union est un meilleur garant des actions des hommes, on en a pu faire
une loi civile.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;em&gt;De Smyrne, le dernier jour de la lune de Saphar 1715.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 07 Mar 2008 10:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>Critique de la charte de l&apos;UNPS</title><dc:creator>Erwann Bleu</dc:creator><link>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/02/8169444.html</link><category>Critique(s)</category><comments>http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/02/8169444.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://corpussuicide.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8169444/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://corpussuicide.canalblog.com/archives/2008/03/02/8169444.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;A
regarder la charte de l&apos;&lt;a href=&quot;http://w4-web143.nordnet.fr/contacts/unps/charte.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;UNPS&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, nous ne pouvons qu&apos;&#xea;tre frapp&#xe9; des contradictions qu&apos;elle rec&#xe8;le
simplement en elle-m&#xea;me. Ainsi, comment est-il possible de
d&#xe9;clarer que&lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;
&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;“le geste suicidaire [...]
prive le sujet de sa libert&#xe9; de choisir la vie, [qu&apos;il est]
une atteinte &#xe0; la personne et &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9;,
souvent ressentie, par les proches et le corps social, comme une
&#xe9;preuve culpabilisante ind&#xe9;l&#xe9;bile, [qu&apos;il est]
l&apos;&#xe9;chec de l&apos;individu face &#xe0; la vie, et la faillite du
soutien de la soci&#xe9;t&#xe9;”&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;#sdfootnote1sym&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 1.5cm; margin-right: 1.5cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;	tout
en assurant s&apos;engager &#xe0; “respecter les personnes dans leurs
convictions et leur comportement [...] sans porter de jugement de
valeur”&lt;a href=&quot;#sdfootnote2sym&quot; name=&quot;sdfootnote2anc&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;/a&gt;
? Car qu&apos;est-ce qu&apos;une “&#xe9;preuve culpabilisante ind&#xe9;l&#xe9;bile”,
qu&apos;est-ce qu&apos;un “&#xe9;chec”, une “atteinte &#xe0; la
personne et &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9;” ou encore une
“faillite”, si ce ne sont des jugements de valeur tributaires
d&apos;une morale qui, en outre, refuse de se comprendre comme telle&lt;a href=&quot;#sdfootnote3sym&quot; name=&quot;sdfootnote3anc&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;/a&gt;
? Plus encore, que peut bien signifier une phrase d&#xe9;clarant
que “le geste suicidaire [...] prive le sujet de sa libert&#xe9;
de choisir la vie” alors que, &#xe0; peine quelques lignes plus
haut, il est clairement &#xe9;nonc&#xe9; que “le suicide et la
tentative de suicide posent la question du libre-arbitre”&lt;a href=&quot;#sdfootnote4sym&quot; name=&quot;sdfootnote4anc&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;/a&gt;
? Continuons : la contradiction est &#xe9;vidente dans la
comparaison de ces deux phrases – ou bien ces actes posent la
question du libre-arbitre, ou bien ils la r&#xe9;solvent – mais,
plus encore, ces deux phrases ne sont-elles pas absurdes en
elles-m&#xea;mes, c&apos;est-&#xe0;-dire profond&#xe9;ment
incoh&#xe9;rentes au niveau logique ? Dans le “geste suicidaire”,
si l&apos;on accepte une logique de choix fond&#xe9;e sur la libert&#xe9;
d&apos;un sujet et si l&apos;on pose que la “vie” est susceptible d&apos;&#xea;tre
une option du choix, la d&#xe9;cision est scell&#xe9;e, le
“geste” vient alors n&#xe9;cessairement &lt;em&gt;a-posteriori&lt;/em&gt;
d&apos;une libre d&#xe9;cision entre la vie et la mort qu&apos;il illustre ;
puisque toute libert&#xe9; de choix implique l&apos;acceptation ou le
refus d&apos;une option – tout au plus serait-il d&#xe9;fendable de
pr&#xe9;tendre que le “geste suicidaire” prive un sujet de sa
“libert&#xe9; de choisir”, &#xe9;tant entendu qu&apos;il n&apos;y a de
choix possible qu&apos;&#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur de la vie, et par
cons&#xe9;quent que celle-ci ne fait pas partie d&apos;une alternative.
De m&#xea;me, en quel sens “le suicide et la tentative de suicide”
poseraient-ils la “question du libre-arbitre” ? Ne serait-ce pas
plut&#xf4;t l&apos;inverse ? A savoir que ce serait le “libre-arbitre”
qui, plus s&#xfb;rement, poserait la question du “suicide” ? Car
l&apos;expression de “mort volontaire”, synonyme de “suicide”,
fait d&#xe9;j&#xe0; appel en elle-m&#xea;me &#xe0; la notion
de “libre-arbitre” qu&apos;elle consid&#xe8;re comme premi&#xe8;re
– le “suicide” pose &#xe9;videmment bien des questions, mais
quant &#xe0; celle du “libre-arbitre”, il ne la pose pas en
propre. Il peut plut&#xf4;t questionner l&apos;usage et l&apos;&#xe9;tendue
de ce “libre-arbitre”, puisqu&apos;il en est une possibilit&#xe9;
ind&#xe9;niable, mais non ce dernier m&#xea;me. En cela il est, ou
semble &#xea;tre, de l&apos;ordre de la praxis, ou du devoir, ou de la
responsabilit&#xe9;, etc. : &#xe9;tant postul&#xe9; que je suis
libre, le “suicide” est-il un acte qui exprime ou qui &#xe9;touffe
cette libert&#xe9; que je porte en moi ? Le sous-entendu moral du
premier type de formulation inversant les termes du probl&#xe8;me
&#xe9;tant, bien s&#xfb;r, que le “suicidant” et le
“suicidaire” &#xe9;touffent cette libert&#xe9; (sinon
pourquoi chercher &#xe0; “pr&#xe9;venir” le “suicide” ?)
: ainsi une telle interrogation sophistique ne concerne pas l&apos;Homme,
l&apos;humain, mais seulement un certain panel d&apos;individus – se demander
si la “naissance”, &#xe9;v&#xe8;nement totalement hors de
contr&#xf4;le de l&apos;individu “naissant”, pose la question du
“libre-arbitre”, serait davantage coh&#xe9;rent. Bref, nous
pourrions aussi nous interroger, par exemple, sur la possibilit&#xe9;
d&apos;une abstinence “politique”&lt;a href=&quot;#sdfootnote5sym&quot; name=&quot;sdfootnote5anc&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;/a&gt;
des adh&#xe9;rents de l&apos;UNPS dans le cadre d&apos;un acte qui traduit,
justement, la “faillite du soutien de la soci&#xe9;t&#xe9;”&lt;a href=&quot;#sdfootnote6sym&quot; name=&quot;sdfootnote6anc&quot; class=&quot;sdfootnoteanc&quot;&gt;&lt;/a&gt;,
mais ces quelques remarques n&apos;&#xe9;taient destin&#xe9;es qu&apos;&#xe0;
souligner rapidement la faible assise th&#xe9;orique cens&#xe9;e
fonder la “pr&#xe9;vention du suicide” (en France) ; et,
au-del&#xe0;, d&apos;illustrer la difficult&#xe9; que nous avons, en
tant qu&apos;hommes, d&apos;appr&#xe9;hender un tel acte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 02 Mar 2008 15:30:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>